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CTS du SIAO 95 : l’accès aux soins des personnes en situation de précarité au cœur des échanges du 2 décembre 2021

Le SIAO 95 a animé, à l’Hôtel d’Agglomération de Cergy-Pontoise, une Coordination Territoriale Semestrielle (CTS) autour de la question « Quels partenariats entre le secteur AHI et les places médico-sociales dédiées au public en situation de précarité dans le Val-d’Oise ? ».

Préoccupation majeure du secteur AHI, la problématique de l’accès aux soins des personnes vulnérables a été exacerbée par la crise sanitaire.

2021 a vu le lancement de nouvelles actions dans le département du Val-d’Oise (dispositifs d’aller vers, ouverture de places en Lits d’Accueil Médicalisés (LAM) et Lits Halte Soins Santé (LHSS)) souvent portées par le secteur médico-social. Ces nouveautés sont venues compléter d’autres dispositifs déjà existants (consultations avancées EMIL, EMPP, PASS, CMPP, places en Appartements de Coordination Thérapeutique (ACT) et en résidence accueil…)

Dans ce contexte, la construction de partenariats et d’articulations entre le secteur AHI et les dispositifs médico-sociaux dédiés devient un enjeu majeur, permettant d’assurer une continuité et une cohérence dans les projets d’accompagnement et les réponses apportées à ce public spécifique qui, à bien des égards, est commun.

La CTS a démarré par une contextualisation de la thématique par le SIAO 95 sur les diverses problématiques dans le Val-d’Oise (préoccupation majeure, difficultés des structures médico-sociales pour réorienter les personnes, une fois soignées, vers des structures de l’AHI et inversement).

L’échange s’est ensuite orienté vers les objectifs de la CTS en questionnant le modèle partenarial qui pourrait émerger : simple articulation entre acteurs ou bien création d’une coordination formalisée dédiée… différentes possibilités ont été mises sur la table. De façon analogue, ce questionnement n’est pas anodin et demeure partagé par les hautes autorités : le récent rapport IGAS sur les modalités de fonctionnement des SIAO franciliens ainsi qu’une instruction à venir relative à l’évolution des missions du SIAO vont dans le sens de la recherche d’une complémentarité plus marquée avec le champ sanitaire.

2 citations importantes à retenir de ce rapport IGAS :

« Il conviendra aussi de définir la place des SIAO dans la régulation régionale qu’envisage de mettre en place l’ARS concernant l’accès aux dispositifs sanitaires spécifiques pour les personnes sans domicile fixe (notamment lits halte soins santé ou lits d’accueil médicalisés). »

« Des liens plus spécifiques sont également à renforcer avec des secteurs qui doivent agir en complémentarité tel le secteur du sanitaire et du médico-social.  »

Orientations stratégiques des services de l’État

 

DDETS 95
Karine ROUAULT CHARTON – Cheffe du Pôle Hébergement et Protection

Dans le cadre de la réforme de l’organisation territoriale de l’État, la DDETS 95, a rappelé l’importance de la poursuite de la politique du Logement d’abord : le logement n’est pas seulement un lieu de vie privé, mais devient un tremplin pour l’amélioration significative de la qualité de vie, de la santé et du début de la création d’un parcours d’insertion sociale.

La DDETS 95 a présenté l’évolution de l’offre de ces derniers mois :

  • elle a travaillé sur la réintroduction de la fluidité dans les dispositifs financés et invite les partenaires à mettre à jour les dossiers SIAO et SYPLO ;
  • forte augmentation du nombre de places en hébergement d’urgence et absence de fermeture des places hiver (fin de la gestion au thermomètre avec une reconstitution du parc pour les places qui fermeraient) ;
  • forte augmentation des nuitées hôtelières depuis 2020 et lancement des PASH permettant l’accompagnement social des ménages à l’hôtel.

Bien qu’ayant insisté sur l’évolution qualitatif et quantitatif, la DDETS 95 précise que cela ne signifie pas pour autant que les difficultés ont été estompées. Elle appelle à une certaine vigilance pour les personnes en situation de grande vulnérabilité et plus largement auprès du public à la rue.

Un point a été fait sur les derniers appels à manifestations d’intérêt de la DIHAL, s’inscrivant dans la stratégie pauvreté et la politique du Logement d’abord et mis en place dans le Val-d’Oise :

  • la mise en œuvre accéléré du logement d’abord sur le territoire de la CACP (Communauté  d’Agglomération de Cergy-Pontoise) ;
  • la création du dispositif Un nouveau Toi(t), de l’association Aurore, pour les personnes en situation de grande vulnérabilité.

Par rapport à la thématique de la santé, la DDETS 95 s’interroge sur l’adaptabilité de la politique du Logement d’abord avec certaines situations sanitaires complexes. C’est pourquoi, elle insiste sur la nécessité de travailler sur les axes d’insertion, tout en créant du lien sur le secteur sanitaire avec notamment le Ségur de la Santé qui vient compléter les dispositifs de la préfecture.

ARS Île-de-France, délégation départementale du Val-d’Oise
Patricia LAMARRE – Attachée d’Administration de l’État de l’ARS IDF délégation du Val-d’Oise

L’ARS 95 a tout d’abord présenté un état des lieux de la santé et de la précarité, à travers des indicateurs départementaux :

  • le Val-d’Oise est le second département francilien, après la Seine-Saint-Denis, présentant le taux de pauvreté le plus élevé (16,6% de la population) tout comme le taux de chômage chez les jeunes (1 jeune sur 4 de moins de 25 ans est sans emploi) ;
  • sur le volet sanitaire et démographique, le Val-d’Oise est en deçà de la moyenne nationale (espérance de vie inférieure en moyenne d’1 an pour les hommes et de 7 mois pour les femmes, mortalité infantile de 4‰ sur le département contre 3,5‰ de moyenne nationale, plus forte prévalence de diabètes, maladies cardio-vasculaires, respiratoires…) ;
  • le Val-d’Oise est le département francilien ayant le plus fort indice de fécondité (2,32 enfants en moyenne par femme), mais aussi celui ayant le plus de familles monoparentales (10,3% au sein de la population) avec malheureusement des problématiques liées à la mortalité infantile et à des pathologies de grossesse qui subsistent.

L’ARS 95 a également dressé un portrait de l’offre existante sur son territoire avec notamment (liste non exhaustive) :

  • les établissements sanitaires (centres hospitaliers, permanences d’accès aux soins) ;
  • les offres communales, à savoir les centres municipaux de santé, les PASS ambulatoires, les Equipes Mobiles Psychiatrie Précarité… ;
  • les établissements médico-sociaux avec :
    • les structures dédiées aux personnes âgées et handicapées (compétences du Conseil Départemental) d’une part ;
    • d’autre part, celles dédiées aux personnes en difficulté spécifiques (qui sont le sujet de la CTS : les 90 places en Appartements de coordination Thérapeutiques (ACT) gérés par 3 opérateurs dans le Val d’Oise, les 25 places de Lits d’Accueil Médicalisés (LAM), les 25 places de Lits Halte Soins Santé (LHSS opéré par ESPERER 95) mais aussi les 6 Centres de Soins et d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA) et l’unique CAARUD du département (Centre d’Accueil, d’Accompagnement et de Réduction des Risques pour Usagers de drogues).

L’ARS a ensuite présenté ses axes stratégiques, en commençant par la présentation du PRAPS 2 (Programme Régional d’Accès à la Prévention et aux Soins des personnes les plus démunies). Ce programme définit et organise la mise en œuvre des priorités de la politique régionale de santé, en mettant l’accent sur les populations les plus précaires. Pour ce faire, l’ARS 95 s’appuie sur l’accompagnement personnalisé, le renforcement de l’accès aux soins ainsi que les parcours de santé.

Différentes priorités sont déjà identifiées sur le territoire : l’accès aux droits, l’aller vers, les sortantes de maternité sans abri, la santé mentale, les informations sur les dispositifs de prévention et de soins…

Dans ce cadre, l’ARS a déjà lancé différents appels à candidatures :

  • un ACT Hors-Les-Murs de 15 places, remporté par l’association Aurore ;
  • des Lits Halte Soins Santé mobiles et de jour ;
  • un appel à projet pour la création d’équipes mobiles santé précarité (ESMSP) et un autre pour des équipes spécialisées de soins Infirmiers Précarité (ESSIP), actuellement en cours d’instruction.

La Délégation départementale du Val d’Oise de l’ARS a conclu son intervention sur une note positive : ces dernières années ont permis des avancées (création de structures médico-sociales nouvelles sur le département, mise en place d’équipes mobiles qui ont permis d’aller vers les personnes dans les centres d’hébergement, dans les structures…) Les appels à projets de 2022 viendront compléter ces dispositifs.

L’agence est à l’écoute et invite les partenaires à faire des retours pour affiner les futurs projets, selon les besoins des acteurs du secteur AHI et du médico-social.

Fonctionnement des dispositifs spécifiques au sein du parcours d’accès au logement

Les quatre intervenants ont présenté leurs structures ainsi que leurs modalités d’admission :

Résidence Accueil « L‘Écluse », Fondation des Amis de l’Atelier
Nicole ESPEILLAC – Directrice de la Résidence 

La Résidence Accueil « L‘Écluse » à Éragny-sur-Oise (30 places sur le département dont 30% sur orientation du SIAO) propose des logements privatifs pour des adultes en situation de handicap psychique avec un dispositif de soutien médico-social.

Les résidents sont principalement accompagnés par des Service d’Accompagnement à la Vie Sociale (SAVS) ou des Service d’Accompagnement Médico-Social pour Adultes Handicapés (SAMSAH), ce qui est un prérequis pour l’admission ainsi qu’un suivi par un médecin psychiatre.

La spécificité du dispositif :

  • la redevance : il s’agit d’un loyer à payer mais sans bail (contrat de location qui n’est pas limité dans le temps) ;
  • niveau d’autonomie : il doit être suffisant pour habiter seul dans son logement (autogestion de l’habitat et des tâches ménagères).

Les candidatures sont traitées en commission d’admission. Un comité de suivi sera mis en place début 2022. Il y a un projet d’ouverture d’autres résidences accueils sur le département.

Il a été souligné que « la coordination avec les partenaires du logement et de l’insertion fonctionne très bien et permet aux résidents de travailler à leur prise d’autonomie dans leur logement, tout en se sentant sécurisés. »

La différente régulation de ces 30 places permet un partenariat entre le SIAO, l’État, la communauté des communes. Si la résidence accueil a pu ouvrir, c’est grâce au partage de connaissances. Par ailleurs le regard croisé de tous les partenaires du territoire est essentiel pour construire le projet et donner aux personnes leurs chances et places dans le dispositif.

Lits d’Accueil Médicalisés (LAM) Wangari Maathai, Groupe SOS
Isabelle OLRY – Directrice adjointe du LAM 

Les Lits d’Accueil Médicalisés (LAM) Wangari Maathai du Groupe SOS (25 places) ouverts en octobre 2021 à Osny, accueillent des personnes majeures sans domicile fixe, quelle que soit leur situation administrative, atteintes de pathologies lourdes et chroniques, irréversibles, séquellaires ou handicapantes pouvant engendrer une perte d’autonomie et ne pouvant être prises en charge dans d’autres structures. L’orientation se fait sur prescription médicale et après avis d’une commission d’admission.

Les missions principales sont de prodiguer des soins médicaux et paramédicaux adaptés, mettre en place un accompagnement social personnalisé, et plus globalement d’accompagner la personne dans son projet de vie. Il favorise l’autonomie et permet la stabilisation des personnes dans un lieu sécurisant et rassurant.

Les demandes d’admission sont à transmettre par mail ou courrier à l’établissement. Selon les places disponibles, une commission d’attribution se réunit afin d’examiner les dossiers et émet un avis en fonction de l’adéquation entre les besoins de la personne et les missions du LAM.

L’établissement est amené à être en lien avec les partenaires pour apporter des précisions et statuer sur des décisions d’admission  immédiates ou dans un délai convenu avec les partenaires.

Lits Halte Soins Santé (LHSS), ESPERER 95
Frédéric DUCAUROY – Directeur du Pôle Hébergement Social

Les Lits Halte Soins Santé (LHSS) à Pontoise gérés par ESPERER 95, sont les 25 premières places de ce dispositif ouvertes sur le territoire. La structure accueille des personnes majeures sans domicile fixe, quelle que soit leur situation administrative, ne pouvant être prises en charge par d’autres structures, dont la pathologie ou l’état général, somatique ou psychique, ne nécessite pas une prise en charge hospitalière ou médico-sociale spécialisée mais est incompatible avec la vie à la rue. Elles ne sont pas dédiées à une pathologie donnée.

L’orientation se fait sur prescription médicale et après avis d’une commission d’admission (étude du dossier complet faisant apparaître un bilan social et un bilan de santé).

Les notions de temporalité et de fluidité sont identifiées par la structure, comme cruciales pour son bon fonctionnement. Les LAM et LHSS vont répondre à un besoin identifié du territoire, mais certaines demandes émanent déjà d’autres départements. Face à cette embolisation et au faible volume de places, un travail partenarial autour de la fluidité, en amont comme en aval, est nécessaire pour répondre au besoin d’accompagnement initial et éviter les remises à la rue.

Appartements de Coordination Thérapeutique (ACT) Bords de l’Oise, Aurore
Marc RUELLE – Directeur d’activités Val-d’Oise d’Aurore

Les places en Appartements de Coordination Thérapeutique (ACT) Bords de l’Oise ont été présentées par l’association Aurore qui gère 45 places (la moitié du parc départemental).

Il s’agit d’une structure médico-sociale proposant un hébergement et un accompagnement psycho-médico-social pour des personnes atteintes de pathologies chroniques lourdes et en grande précarité. L’objectif est de pouvoir accompagner ces personnes jusqu’à l’autonomie nécessaire aux soins, à une réinsertion socio-professionnelle et vers un logement ou une orientation adaptée à leur situation.

Les modalités d’admission sont basées sur « l’étude du dossier médical (à télécharger sur le site de la FSH), à transmettre au secrétariat des ACT avec un rapport social et un compte-rendu médical récent. Chaque demande reçoit une réponse avisée. »

L’association Aurore a mis en avant le fait que la spécificité de l’ensemble des dispositifs médico-sociaux repose sur les aspects pluridisciplinaires, et qu’il y a une vraie plus-value à croiser les regards entre le médical et le social mais aussi entre les différents acteurs/partenaires.

Les ACT étant déjà présents sur le département depuis plusieurs années, l’expérience d’Aurore sur le territoire leur a permis de dresser deux besoins :

  1. La nécessité d’un guichet unique afin d’éviter un « millefeuille administratif » en centralisant les demandes (actuellement, 200 personnes sont en attente d’une place en ACT).
  2. Le besoin d’une coordination, afin de comprendre les différents dispositifs et les difficultés de chaque secteur (AHI / places médico-sociales). L’association indique que cette coordination pourrait être portée par le SIAO et que la présence du corps médical aurait un fort intérêt, permettant d’accélérer la fluidité. Un tel fonctionnement, obligatoire pour permettre une prise en charge plus efficace, permettrait par ailleurs une photographie du territoire plus croisée et moins sectorisée.

Pour résumer, les 4 intervenants ont mis en avant le manque de passerelles intersectorielles ainsi que les besoins de fluidité entre dispositifs. Différentes pistes ont été évoquées : mise en place d’un guichet unique dans le Val-d’Oise (actuellement chaque personne envoie un dossier identique auprès de chaque structure), nécessité d’une coordination entre les deux secteurs …

Quelques interventions de la part de la salle prenant la forme de questions/réponses

PASH 95 : avec 8 000 personnes mises à l’abri dans les hôtels du Val-d’Oise, la question des sorties est épineuse. Mais au-delà de ce constat, il y a un besoin de coordination/croisement  de regards sur les questions sanitaires : les travailleurs sociaux se retrouvent seuls et sans réponse face à des situations pour lesquelles l’accès au soin peut être difficile. Certains travailleurs sociaux aimeraient avoir accès à des interlocuteurs du champ sanitaire identifiés. Il y a un réel intérêt pour l’appel à projets concernant les équipes mobiles.

Réponse de l’ARS 95 : la problématique repose sur les partenariats qui ne sont pas formalisés entre les acteurs ou suivis par des actions. L’ARS reste à l’écoute des acteurs du territoire afin d’améliorer la coordination, permettre à la notion de parcours de faire sens et d’apporter une solution pour les personnes en demande. Il faut que des échanges soient faits entre les partenaires.

Hôpital d’Eaubonne : le manque de personnel référent sur les parcours du public et le manque d’interconnaissances sur les dispositifs des deux secteurs posent problème. Au sein des hôpitaux, la mise en place de commissions situations complexes est rendue difficile par manque d’interlocuteurs spécialisés et/ou identifiés sur ces situations. À l’hôpital ils se retrouvent très souvent démunis pour faire sortir des personnes sans solution d’hébergement. Donc ils sont bien sur favorables à une meilleure coordination.

Aurore : Dans les ACT, il y a des difficultés à faire sortir les personnes dont l’état de santé s’est stabilisée (par exemple, certaines personnes sont présentes depuis 5 ans, stabilisées et avec un emploi). D’où l’intérêt de faire une coordination en lien avec le SIAO 95.

Réponse de la DDETS 95 : Les problématiques identifiées ou points de blocage doivent être remontés à la DDETS 95.

Aurore : l’association Aurore a mis en place avec le SIAO 95 un protocole expérimental permettant un transfert du public dans le but d’améliorer la fluidité intersectorielle. Les résultats de cette expérimentation feront l’objet de remontées auprès de la DDETS 95 et de l’ARS 95.

ESPERER 95 : il y a un vrai intérêt à réfléchir à ce système de guichet unique dans le Val-d’Oise. Pour les travailleurs sociaux, la présence à l’heure actuelle de guichets multiples entraîne une importante complexité. Un seul canal d’orientation existe dans d’autres départements.

Par ailleurs, bien que la création des LHSS et LAM soit à saluer, les 25 places ne seront pas suffisantes au regard de la demande.

LHSS (ESPERER 95) : le dispositif a déjà fait l’expérience de cette complexité administrative : beaucoup de dossiers ont été écartés car mal fichés. L’avantage de commissions d’admissions partagées entre le corps médical (médecins) et professionnels de l’hébergement/logement est d’avoir un socle commun d’expertise. Cela permet de mieux orienter les dossiers et d’affiner les situations.

ESPERER 95 : Il y aurait une plus-value à avoir des ETP médicaux dans les structures d’hébergement. Aujourd’hui, les travailleurs sociaux se retrouvent parfois à la limite de ce qui est autorisé dans le cadre de leurs missions (distribution de médicaments par exemple). Or, si toutes les structures d’hébergement pouvaient avoir 1 ou 0,5 ETP infirmier et être mieux équipées, ce serait un grand levier d’accès aux soins pour le public en besoin.

Réponse de la DDETS 95 : la DDETS 95 répond que les structures d’hébergement n’ont pas été conçues en ce sens. Elle indique que cette carence trouverait sa réponse dans l’accès équitable aux structures médicales de droit commun et qu’une personne ayant besoin de soins à domicile pourrait avoir recours à une infirmier(e) libéral(e)…

Les services déconcentrés de l’État pensent également que la présence d’infirmiers dans les structures n’est pas la solution idéale (beaucoup de situations différentes et complexes au-delà de ces problématiques). Néanmoins, il pourrait être plus pertinent de réfléchir à un dispositif flexible et de relais afin que toutes les autres structures puissent en bénéficier.

Réponse de l’ARS 95 : la création des équipes mobiles devrait apporter une solution à ce type de public. Il sera pertinent d’en dresser un bilan sur son fonctionnement à l’avenir. L’agence a bien conscience que certaines personnes en précarité ne sont malheureusement pas acceptées dans certaines structures médicales de droit commun : elle sait qu’il s’agit d’une réalité à l’heure actuelle.

LHSS (ESPERER 95) : la structure rappelle qu’il y a effectivement un flux non négligeable de personnes malades dans les dispositifs d’hébergement classique et qu’il ne manque parfois pas grand-chose pour que ce public puisse être soigné (la visite d’infirmier et/ou de médecins de temps en temps serait très bénéfique). Il pourrait être judicieux de faire venir des infirmier(e)s libéraux mais toute la problématique autour de la rémunération de ces personnels, du codage et de la nomenclature des médicaments (non remboursés) crée des difficultés supplémentaires.

Conclusion

Il y a donc des besoins identifiés, mais des réponses limitées à l’heure actuelle : le cloisonnement de l’AHI et des structures médico-sociales spécifiques ne permet pas la mise en place d’un travail conjoint, sur ce public commun. En ce sens, l’ensemble des acteurs ont unanimement souhaité une perméabilité entre les deux secteurs afin d’améliorer la fluidité de leurs dispositifs en favorisant les sorties/entrées.

Concernant la régulation des places, aujourd’hui le SIAO 95 rappelle qu’il doit assurer une équité de traitement pour toutes les demandes du Val-d’Oise. À ce titre-là, le système de critères de priorisation et de régulation est défini par les services de l’État : ainsi, aujourd’hui une personne sortante d’une place médico-sociale n’a pas de priorité par rapport à une autre. Il s’agit d’une question d’arbitrages et d’un sujet sur lequel il faudra échanger avec l’État.

Par rapport à cette question, la DDETS 95 répond que concernant les structures naissantes, elle devra réinterroger les besoins en vue d’améliorer leur fluidité : il s’agira de savoir si les personnes sont au bon moment et au bon endroit dans les structures. Elle rappelle que les critères de priorisation sont conçus pour évoluer ou être repensés. Il est temps, aujourd’hui, par rapport à ces différentes offres médico-sociales, que le SIAO 95, l’ARS 95 et la DDETS 95 travaillent ensemble sur ces questions.

L’ARS 95 a également abonder en ce sens, indiquant qu’une fois les personnes en places médico-sociales stabilisées et rétablies, elles devront relever du SIAO 95 et qu’il y a donc évidemment un intérêt à formaliser les sorties.

Ainsi, tout en étant réceptifs aux échanges, la DDETS 95 et l’ARS 95 ont pris acte des différents débats et des remontées de terrain qui leur ont été faites. Des évolutions peuvent être espérées (et sont fortement attendues). L’émulsion créée autour de cette thématique laisse donc présager la formalisation prochaine d’une relation partenariale davantage aboutie.

Cette rencontre, organisée dans des conditions sanitaires renforcées, a réuni plus de 80 partenaires issus de 33 organisations.

Pour plus d’informations :

  • retrouvez le support de présentation projeté de cette Coordination territoriale, en cliquant ici ;
  • téléchargez le livret de présentation des 4 dispositifs présentés, en cliquant ici.

Plateformes et parcours d’accompagnement : Retours sur une Coordination Territoriale du SIAO 95 riche en échanges et réflexions

 

Pour sa deuxième Coordination Territoriale de l’année, le 7 novembre à Persan, le SIAO 95 mettait à l’honneur les plateformes et parcours d’accompagnement. Mises au goût du jour par des politiques ciblées comme le Plan Logement d’Abord mais aussi omniprésentes dans l’économie et la vie courante, les plateformes peuvent prendre une grande variété de formes, d’où une difficulté à les définir donc à les mettre en place. Le SIAO 95 proposait de créer, le temps d’une matinée, un espace de réflexion et d’échanges sur les modèles et leurs réalisations. Participaient à cette rencontre Jean-René Loubat, spécialiste des modes d’organisation dans le médico-social (en tant que psychosociologue, docteur en sciences humaines, consultant et formateur), Léa Loubier, cheffe de projet « Hébergement et Accès au Logement » à la DIHAL, Adrien Bréger, chargé de mission sur le travail social et la participation à la Fédération des Acteurs de la Solidarité et Maxence Delaporte, directeur opérationnel à Interlogement 93.

Une transition vers la désinstitutionalisation

Jean-René Loubat avait la charge d’introduire la coordination, en donnant un éclairage sur les concepts essentiels et le contexte d’émergence des plateformes dans le secteur médico-social. Les changements d’orientation au profit de l’organisation en plateforme sont le signe d’une véritable transformation du secteur. Le modèle reposant sur les Etablissements et Services Sociaux et Médico-sociaux (ESSMS) qui a prévalu jusqu’alors est contesté au plus haut niveau (lire pour exemple le rapport Devandas-Aguilar de l’ONU sur la prise en charge du handicap en France). Les orientations stratégiques encourageant l’ambulatoire dans la santé, le placement à domicile dans la protection de l’enfance, les CHRS hors les murs … sont autant de manifestations d’une forte volonté de désinstitutionalisation, au profit de modes d’organisation plus ouverts, plus souples et moins coûteux. La prise en charge des publics, classés en catégories et placés dans des établissements fermés, a un effet ségrégatif, éloignant les personnes du droit commun et de la société, plutôt que de rendre celle-ci plus inclusive. Ce modèle ne parait en outre plus compatible avec les grandes mutations sociétales à l’œuvre depuis l’après-guerre. On assiste en effet à une montée en puissance de l’individu (au détriment du collectif) et de l’affirmation de son pouvoir d’agir. Les ESSMS, à contre-courant de cette aspiration, imposent aux personnes leurs règles de fonctionnement et leur rythme. Les changements démographiques, économiques et politiques poussent aussi à revoir le modèle. Avec des besoins en constante augmentation pour le poste solidarité (du fait du vieillissement de la population et de l’augmentation de la précarité) d’un côté, la volonté de maîtrise des dépenses publiques et de réduction de l’intervention de l’Etat de l’autre, les ESSMS sont jugés trop onéreux et insuffisamment performants. L’immobilisation dans des locaux coûte cher (prix de l’immobilier, entretien des locaux, frais engendrés par les régulières mises aux normes…). Ce choix d’organisation entraîne une complexification croissante de l’offre de services génératrice de surcoûts par la redondance de compétences au sein de plusieurs entités et financements, tout en en compliquant les voies de recours pour les personnes.

Les atouts du modèle plateforme

Le mode d’organisation en plateforme apparaît alors comme une alternative séduisante, en capacité de répondre aux critiques du système ancien et aux aspirations nouvelles. La plateforme se caractérise par une structure horizontale et modulable, se présentant comme une palette de services indépendants, mis en relation par une entité coordinatrice. Il n’y a donc pas de limite fixée sur la diversité, le degré de spécialisation et la localisation de ces services. La segmentation et la spécialisation des différentes compétences seraient facteur d’accroissement du niveau de performance global et offriraient en outre des garanties en termes de protection de la vie privée. La grande plasticité de ce mode d’organisation comporte de nombreux avantages dans le champ précis de l’accompagnement social. Elle permet de « déformater » l’accompagnement et pourrait aider à sortir du fonctionnement par filières, dans lequel les caractéristiques des dispositifs semblent trop souvent prévaloir sur les besoins des personnes. On tendrait vers un accompagnement « à la carte », co-construit avec la personne donc plus à même d’emporter son adhésion. Cette logique permet fondamentalement de renverser l’optique en mettant le droit des personnes en préalable et replace l’accompagnement dans une perspective de droit commun. Enfin, le choix d’une structure adaptable et non fixe parait pertinent dans une recherche d’optimisation des ressources. Pour que ces bénéfices se concrétisent néanmoins, différents principes doivent être respectés. Ceux-ci se réfèrent à l’approche « case management » utilisée pour théoriser la fonction de coordination par M. Loubat. Le rôle du coordinateur consiste à servir d’interface entre la personne et des prestataires aux différentes compétences. Il est interlocuteur privilégié et facilitateur de parole pour faire exprimer par la personne ses propres besoins et attentes de l’accompagnement. Il doit ensuite sélectionner parmi l’offre de services les plus adaptés pour répondre aux objectifs. La fonction de coordination ne peut donc en principe pas être portée par un prestataire d’accompagnement qui deviendrait alors « juge et partie ». Enfin il assure le suivi et l’évaluation du projet au cours du temps, en adaptant le contenu, les modalités et le rythme si nécessaire, en fonction de l’évolution des besoins.

Modélisation des plateformes d’accompagnement dans le cadre de la stratégie Logement d’Abord

La philosophie Logement d’Abord impose de changer les conceptions et les pratiques dans l’accompagnement social. Elle pose en effet le droit en préalable (d’abord le logement !) dans une démarche d’aller-vers. Elle encourage le développement de solutions dans le droit commun plutôt que la prolifération de filières spécifiques, cloisonnées et aux critères rigides, qui génère ruptures, exclusion et non-recours. La plateforme est le mode d’organisation retenu pour répondre aux enjeux de l’accompagnement dans l’accès au logement dans la stratégie Logement d’abord et son Plan quinquennal. Léa Loubier présentait les travaux de réflexion de la DIHAL sur la modélisation de plateformes, issus des expérimentations dans les territoires de mise en œuvre accélérée du Plan Logement d’Abord (PLDA). La plupart des projets ont en commun un pilotage fort de l’Etat et/ou des collectivités et l’intégration plutôt harmonieuse aux circuits existants. On observe une forte implication des acteurs classiques, notamment les SIAO, reconnus dans leur pratique de la coordination. La fonction de coordination dans la plateforme d’accompagnement s’exerce par mutualisation de compétences dans des équipes pluridisciplinaires, ou passe par des espaces de concertation (instances partenariales nouvelles ou préexistantes). Quelle que soit la formule choisie, la coordination apparaît comme une fonction à part entière, avec en général a minima un poste dédié. L’échelle d’intervention et la coopération entre financeurs sont décisives. Les difficultés de collaboration entre porteurs de compétences limitent bien souvent les ressources à un seul type de financement et les projets à une échelle expérimentale. Ainsi, en dépit de l’ambition universaliste de la stratégie logement d’abord, des moyens réduits et peu diversifiés amènent les acteurs à concentrer leurs efforts sur des publics ou problématiques ciblés.

Les acteurs de terrain se questionnent bien sûr eux-mêmes sur les modèles de plateformes dont leur revient la mise en place effective. Quelles sont les conditions pour faire émerger les synergies nécessaires à la réussite d’une plateforme, partant des partenaires et des problématiques dans un contexte donné ? La Fédération des Acteurs de la Solidarité a invité ses adhérents dans la région de Toulouse à définir ensemble leur modèle théorique de plateforme d’accompagnement. Adrien Bréger restituait une synthèse de leurs travaux de réflexion.

Le groupe de travail a imaginé la création d’« espaces ressource » faisant se rencontrer les personnes et acteurs de l’accès au logement, afin de favoriser la mobilisation directe de ces acteurs en réponse aux besoins. Les professionnels de l’accompagnement y sont chargés de rendre cette interaction la plus fructueuse possible, en coopérant sur trois axes essentiels : l’aller-vers, l’accompagnement dans le logement et la polyvalence (relais avec les autres professionnels généralistes et en charge d’autres dimensions que le logement). Au-delà de la fonction d’évaluation des situations et de la définition d’un projet d’accompagnement vers le logement, ces espaces pourraient accueillir des actions collectives et seraient aussi un lieu d’information sur la vie de quartier, afin de faciliter l’appropriation du logement mais aussi de son environnement. Ces actions permettraient ainsi des échanges sur d’autres dimensions que le logement (culture et loisirs, emploi, prévention, etc). Les membres du groupe de réflexion ont décliné ce modèle pour différentes problématiques. Pour chacune d’elles, ils ont tenté d’identifier les acteurs à impliquer, les moyens à mutualiser et les outils ou solutions à déployer.

Enfin, pour compléter le tour d’horizon sur les plateformes d’accompagnement, l’illustration par une réalisation concrète semblait essentielle. Maxence Delaporte était invité à partager son expérience dans la mise en œuvre d’une plateforme territorialisée d’accompagnement, dans le cadre de la réponse à l’appel à manifestation d’intérêt lancé par la DIHAL. Interlogement 93, en tant que porteur du SIAO de Seine-Saint-Denis, y organise l’accès au logement direct de ménages associé à un accompagnement global financé par le Conseil Départemental (mesures ASLL). Les ménages éligibles sont définis comme prioritaires au relogement au sens de la loi Egalité et Citoyenneté (personnes à la rue ou hébergés). Le seul critère restrictif est la situation administrative, et non les ressources. Les ménages sont sélectionnés par tirage au sort via leur demande SI-SIAO pour intégrer des logements captés sur différents contingents (préfectoral, bailleurs sociaux, Action Logement).

A partir de là commence l’accompagnement si le ménage y consent (libre adhésion), opéré par Interlogement 93. Il s’agit d’un accompagnement global renforcé (1 ETP pour 15 suivis) par un travailleur social devenant référent et relais auprès des autres professionnels sociaux et bailleurs. Le ménage est ainsi accompagné dans le choix, l’installation et l’aménagement, puis dans ses premiers mois d’appropriation de son logement. Les baux sont directs ou glissants selon la situation de ressources des ménages. Un fonds de solvabilisation est par ailleurs prévu pour soutenir les ménages aux ressources insuffisantes ou incertaines. Enfin, un fonds de garantie couvre les risques locatifs auprès des bailleurs. Maxence Delaporte s’est félicité de premiers résultats prometteurs, qu’il attribue notamment à l’échelle départementale du projet et à la bonne collaboration avec le Conseil Départemental, qui suscite une confiance croissante auprès des bailleurs.

Une invitation à repenser notre modèle à tous les niveaux

Dans une dernière prise de parole concluant la matinée, Jean-René Loubat a invité l’auditoire à considérer les mutations en cours comme une opportunité de repenser notre modèle en profondeur. Aux lumières de son exposé, le changement parait inéluctable et la capacité pour les différents acteurs à innover indispensable. Toujours d’après lui, l’innovation passe par la rupture et non par une succession de petites réformes de l’existant. Il s’agit donc littéralement de « remettre à plat » – à l’image de l’horizontalité prônée dans le modèle plateforme –  l’organisation du secteur à tous ses niveaux.

Au niveau des institutions et de leur gouvernance, la rupture avec la tendance à la complexification et la multiplication des strates et dispositifs semble souhaitable. La recherche de la performance dans les services rendus doit être objectivée (démarche d’évaluation) et s’appliquer partout équitablement (harmonisation). Il faudrait donc veiller à développer une démarche de standardisation plutôt qu’entretenir le mythe des vertus prétendues de la singularité. Le modèle plateforme avec son architecture adaptable se prête a priori mieux à cette ambition de standardisation que la diversification croissante des filières aux périmètres restreints.

M. Loubat questionne aussi, au niveau des opérateurs, la structure des relations entre collaborateurs et entre services. Il s’attaque ainsi à la structure hiérarchique et la gestion managériale dans les associations du secteur social. La forte empreinte hiérarchique dans ce secteur le distingue, à rebours d’une tendance générale à la remise en cause du modèle pyramidal. L’autorité de compétence (liens entre collaborateurs justifiés par leur expertise respective) prend progressivement le pas sur l’autorité hiérarchique (reposant sur un lien de pouvoir préétabli) dans une part croissante d’entreprises et autres organisations. D’après M. Loubat, l’attachement et le renforcement de la dimension hiérarchique dans notre secteur est symptomatique du poids des incertitudes qui pèsent sur les collaborateurs à tous les étages, incertitudes qui pour partie sont d’ordre organisationnel. Ainsi, les chefs de service passeraient de plus en plus de temps à répondre aux questions et doutes des uns et des autres, au détriment de l’exercice de leurs missions.

La remise en cause passe aussi par la question du modèle économique des acteurs de la solidarité. Comment ne pas attribuer aux associations fonctionnant exclusivement ou presque sur le salariat une logique d’entreprise, centrée sur la défense d’intérêts propres. Ces associations méritent-elles leur poids dans le débat sur les questions d’inclusion et leurs politiques ? Ne faudrait-il pas faire prévaloir d’autres voix : collectifs, organisations bénévoles et citoyens, dont l’engagement strictement militant serait une garantie de la défense de l’intérêt général ?

Enfin, le modèle de plateformes selon M. Loubat caractérisé par l’articulation entre des compétences spécialisées séparées invite à réévaluer certains préceptes de base dans le travail social. La réflexion sur la mise en place des plateformes ravive le débat entre polyvalence et spécialisation. En effet, l’idée d’un accompagnement global ou polyvalent sous-entend qu’un seul professionnel concentre toute la connaissance sur la situation d’un ménage et maîtrise l’ensemble des champs de l’accompagnement. D’après M. Loubat, cette conception limite nécessairement la portée de l’accompagnement et empêche une réelle pluridisciplinarité, permise au contraire par la coordination de professionnels spécialisés, mais où certains perçoivent la menace d’une « ubérisation » du travail social.

80 participants se sont déplacés à Persan pour la coordination. D’après les échanges dans la salle, la rencontre semble avoir été appréciée tant pour l’éclairage théorique et la richesse des réflexions — loin du « prêt-à-penser » du secteur — que pour les aspects opérationnels, avec nombre de questions adressées à Messieurs Loubat et Delaporte. Reste à attendre les résultats des questionnaires de satisfaction pour savoir si cette coordination un peu particulière a plu autant que les précédentes éditions.

Prochaine coordination territoriale du SIAO 95

Plateformes et parcours d’accompagnement : Quels enjeux pour les acteurs de l’hébergement/logement ?

Photo : Rawpixel pour Freepik.com

Le SIAO du Val-d’Oise vous invite à sa prochaine coordination territoriale 
Jeudi 7 novembre 2019 – De 9h00 à 12h30 
Salle Marcel Cachin – Avenue Gaston Vermeire – 95340 PersanPour découvrir plus d’informations sur Jean-René Loubat

Pour télécharger le programme

Pour retrouver le compte-rendu de la précédente coordination territoriale

Assemblée générale d’ESPERER 95

Vendredi 28 juin avait lieu, dans les locaux de la maison des avocats de Pontoise, l’Assemblée générale 2019 d’ESPERER 95. Salariés, direction, membres du Conseil d’administration et adhérents de l’Association se sont réunis afin d’échanger sur le bilan de l’activité 2018 et les orientations futures.

 

 

Lors de son introduction, Valérie Pélisson-Corlieu, Directrice générale, a repris les faits marquants et les principales actions menées dans les différents Pôles de l’Association au cours de l’année écoulée et dessiné les perspectives pour 2019.

 

 

 

 

 

Agnès Coffin, Présidente d’ESPERER 95, a réaffirmé dans le Rapport moral l’importance, dans le contexte actuel, du combat mené par l’Association. À travers les grands dossiers lancés en 2018, les difficultés rencontrées, les liens tissés avec les partenaires et les nouveaux défis à relever en 2019, l’Association reste fidèle à ses valeurs et à son engagement auprès des plus fragiles.

 

 

Alain Chabo, Directeur général adjoint, s’est joint à Valérie Pélisson-Corlieu pour présenter le rapport d’activité 2018 d’ESPERER 95 :

  •  La mobilisation de l’Association au sein de ses réseaux (Citoyens et Justice, Chantier-école, FAS, VOIE95, UNIOPSS, UDASHI95, AFFIL) et dans le cadre de ses différents partenariats (Sauvegarde du Val-d’Oise, EPSS, FACE, Immobilière 3F, Le Barreau des avocats du Val-d’Oise…).
  • Les multiples projets et dossiers lancés en 2018 et leur suite pour l’année à venir : La démarche d’évaluation de l’utilité sociale, le nouveau Pôle Médico-social, le renforcement des équipes, les partenariats mis en place, le renouvellement des agréments « ingénierie sociale » et « gestion locative », les projets de gestion du CHU d’hiver, d’une nouvelle maison relais, d’un second CHU migrants, de plateforme d’accompagnement à l’intégration professionnelle des publics réfugiés….
  • Les actions menées par le Service Développement et Communication : Évènements, outils de communication, appels à projets 2018-2019 et recherche de financements, développement d’une application web pour l’accompagnement social et la production d’indicateurs, base de données Access et lancement d’une démarche écoresponsable. 
  • La restitution de l’activité de chaque pôle en 2018, les difficultés rencontrées et les perspectives pour 2019.

 

Après la présentation du Rapport financier par Jean-Marie Hérouin, Trésorier d’ESPÉRER 95, Maryline Bregeon, Directrice financière, a proposé le budget prévisionnel 2019 en lien avec les perspectives d’évolution, les nouveaux projets annoncés lors de cette Assemblée générale et les difficultés de financement rencontrées.

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RAPPORT D’ACTIVITE 2018

Synthèse Séminaire des 40 ans

 

Comment résumer nos actions, nos engagements, nos combats, nos « coups de gueule » en une journée, en un événement…
sacré challenge que nous n’avons pas souhaité relever tant il nous paraissait indispensable de ne pas survoler l’essentiel : les personnes accueillies ! Au delà de cette journée anniversaire, nous avons donc déployé les jours précédents différents moments avec une soirée-débat afghane lors du film « Kabullywood » au cinéma UTOPIA ; avec la diffusion, également à UTOPIA, d’un documentaire « Alternatives » tourné au Pôle Socio-judiciaire de l’Association sur la prise en charge des publics sous main de justice et enfin une « Conférence Migration et Économie » pour informer, sensibiliser et démontrer avec le souhait de lutter contre les préjugés.


Si cet anniversaire était important à lui seul, il n’est rien par rapport à notre volonté farouche depuis 40 ans de donner la parole et rendre visibles les oubliés, les exclus, les victimes d’injustices sociales, de politiques publiques insuffisamment offensives pour les femmes et hommes que les professionnels et bénévoles de l’association accueillent.

40 ans… continuez à nous rendre visibles… Ce titre, mûrement réfléchi, résume ici l’essentiel, le combat mené ainsi que les engagements et défis de demain.

 

Dans ce document, vous pourrez revivre ou découvrir, les moments forts de la journée d’anniversaire : l’histoire de l’Association avec une frise qui retrace 40 ans d’actions au profit des personnes et en réponse aux besoins du territoire ; les témoignages en vidéo d’élus, de partenaires, administrateurs, salariés, personnes accueillies, chercheurs ; les différents plaidoyers sur des thématiques qui nous animent ; les interventions et la démonstration de coopérations plurielles…

Enfin, les travaux menés depuis un an sur la déclinaison du modèle d’Utilité Sociale de l’Association ont pu être exposés, ainsi que la démarche permettant la production d’indicateurs d’impact social sur un secteur spécifique et l’après midi s’est achevée sur la question de l’évolution du modèle associatif pour demain… nous aurons l’occasion de poursuivre cette réflexion dans les mois, années à venir!
Ce fut un très bel anniversaire et je remercie tous ceux qui ont contribué à le mettre en œuvre, à l’animer et à y participer. Mes remerciements sont également destinés à Christian Fournier, directeur général et dans l’Association depuis plus de 30 ans. Il a quitté ses fonctions juste après, pour une retraite que nous lui souhaitons heureuse, sereine mais toujours militante!

Valérie Pélisson-Corlieu
Directrice générale
ESPERER 95

Dossier 40 ans

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Pour télécharger directement le dossier en PDF, cliquez ici

Bilan de la Conférence Migration & Économie

Mercredi 20 mars 2019 avait lieu la conférence Migration & Économie organisée par ESPERER 95, dans le cadre de ses 40 ans.
L’occasion pour l’Association de faire un point sur les conditions d’accueil des demandeurs d’asile en France, de mettre à mal les préjugés sur les implications sociales et économiques de l’intégration des migrants et d’échanger, avec ses partenaires, sur des solutions concrètes.

Retour sur un après-midi riche en débats et en informations.

Les discours furent passionnés et engagés lors des plaidoyers sur la Loi Asile et Immigration, promulguée le 10 septembre 2018.

Philippine Parastatis, Évelyne Hanau et Maurice Peyrot ont dénoncé une loi inadaptée et inutile, portant atteinte aux droits individuels des étrangers et ont interpelé Aurélien Taché sur la détérioration des conditions d’accueil des demandeurs d’asile.

Ce constat était partagé par Julie Pichon, Marion Jeffroy et Mamadou D., respectivement Cheffe de service du CAES « La Patinoire », travailleuse sociale de l’HUDA de Bernes-sur-Oise et demandeur d’asile hébergé à l’HUDA d’Argenteuil, venus rendre compte des difficultés quotidiennes rencontrées par les réfugiés en attente de régularisation.

Le Député de la 10e circonscription de Val d’Oise, Aurélien Taché, venu présenter son rapport « 72 propositions pour une politique ambitieuse d’intégration des étrangers arrivant en France », a défendu son engagement à faciliter l’intégration des demandeurs d’asile ayant obtenu leur titre de séjour, en s’opposant parfois aux décisions gouvernementales.

Cette intégration fait de l’accueil des migrants un enjeu social et économique pour la France.

Ekrame Boubtane, Économiste et Chercheuse spécialisée sur les implications macroéconomiques des migrations internationales dans les pays d’Europe de l’Ouest, a présenté le résultat de ses recherches de l’impact des migrations sur l’économie française. L’accueil des réfugiés, majoritairement en âge de travailler et pouvant répondre aux besoins en main-d’œuvre de certains secteurs d’activité (bâtiment, restauration…), au sein d’une population française vieillissante, permet de renforcer l’activité économique du pays et les finances de l’État, par les cotisations perçues. Au contraire d’être une charge financière, investir dans l’intégration des réfugiés permet de créer de la richesse nationale.

Pour bénéficier de cet impact économique positif, encore faut-il que les accès des réfugiés au marché du travail ou au logement ne soient pas obstrués.

C’est tout l’enjeu du nouveau projet de Plateforme d’intégration des personnes réfugiées imaginé par ESPERER 95. Présentée lors de cette conférence, cette proposition vise à accompagner les réfugiés vers la formation, l’emploi et l’hébergement, grâce à l’expertise des différents pôles de l’Association et de ses partenaires.

Alors que la DDCS dispose de lieux d’hébergement qui ne trouvent pas de locataires dans certaines régions et que certains emplois accessibles à des réfugiés restent vacants faute d’accompagnement et d’information des entreprises, comme l’ont confirmé Riad Bouhafs et Saïd Issack, un tel dispositif permettrait de faire coïncider les attentes de tous les acteurs du secteur.

À travers cette conférence, ESPERER 95 souhaitait relancer le débat public sur l’accueil des étrangers en France, en donnant la parole aux différentes parties prenantes, afin de prouver qu’une autre voie est possible.

Pari gagné !

La qualité de cette conférence étant à l’image de ses intervenants, ESPERER 95 remercie :

– José Guérin, Directeur de la radio RGB et présentateur de l’émission « Les solidarités au-delà des mots », qui a su animer avec brio cette conférence
– Philippine Parastatis, Administratrice d’ESPERER 95 et Avocate spécialisée en Droit des étrangers
– Évelyne Hanau, Bâtonnière du Val-d’Oise
– Maurice Peyrot, Administrateur d’ESPERER 95 et Président de la Fédération de la ligue des droits de l’Homme du Val-d’Oise
– Aurélien Taché, Député de la 10e circonscription du Val-d’Oise et auteur du rapport « 72 propositions pour une politique ambitieuse d’intégration des étrangers arrivant en France
– Julie Pichon, Cheffe de service du CAES « La Patinoire »
– Marion Jeffroy, Travailleuse sociale de l’HUDA de Bernes-sur-Oise
– Mamadou D., demandeur d’asile hébergé à l’HUDA d’Argenteuil
– Ekrame Boubtane, Économiste, Chercheuse et Maitre de Conférence à l’Université de Clermont-Auvergne
– Lucile Skrypczak, Responsable des appels à projets d’ESPERER 95
– Alain Chabo, Directeur général adjoint d’ESPERER 95
– Marc Kieny, Président de la CIMADE Île-de-France
– Riad Bouhafs, Directeur de la DDCS du Val-d’Oise
– Saïd Issack, Conseiller « Emploi-Formation » de la DIAIR

Conférence Migration et Économie

Conférence Migration et Économie
Mercredi 20 mars – 14h00
Institut Polytechnique Saint-Louis     Cergy-Pontoise

ESPERER 95 est convaincue que l’intégration des migrants peut être un facteur de croissance économique du Val d’Oise.
Dans le cadre de ses 40 ans et de son combat pour l’accueil et l’insertion des publics réfugiés et demandeurs d’asile, l’Association organise cette conférence afin de dénoncer une politique d’intégration qui exclut de nombreux réfugiés, bridant ainsi l’impact économique positif pour la France.

Plus de 260 000 immigrés ont obtenu leur premier titre de séjour en 2017, mais le Gouvernement ne se donne pas les moyens d’intégrer durablement l’ensemble de ces réfugiés : logement, formations professionnelles, apprentissage du français…. Autant de freins qui empêchent l’accès au marché du travail, premier vecteur d’insertion sociale, mais également source de croissance économique pour les territoires.

Est-il normal qu’une personne doive vivre plusieurs années en situation régulière sans l’autorisation de travailler qui lui permettrait de vivre dignement ?

Fidèle à son engagement contre l’exclusion, ESPERER 95 invite ses différents partenaires à réaliser un état des lieux des politiques actuelles et à envisager les évolutions possibles.
En décryptant la loi Asile et Immigration, promulguée le 10 septembre 2018, ESPERER 95 et ses partenaires constatent une détérioration des conditions d’accueil des demandeurs d’asile et une loi trop éloignée des enjeux humains et quotidiens de l’accompagnement des réfugiés.
L’association exposera également son projet de plateforme d’intégration des personnes réfugiées et Aurélien Taché, Député de la 10e circonscription du Val d’Oise, présentera son rapport : « 72 propositions pour une politique ambitieuse d’intégration des étrangers arrivant en France ».
L’économiste et Chercheure Ekrame Boubtane, lors de son intervention « La Migration : Une chance économique pour la France », partagera le résultat de ses travaux sur l’évolution de l’immigration en France depuis les années 1950 et analysera les impacts économiques des récents flux migratoires.
Une table ronde, animée par José Guérin, présentateur de l’émission « Les solidarités au-delà des mots » sur la radio RGB, réunira ESPERER 95, le Barreau des Avocats du Val d’Oise, l’OFII, la DDCS du Val d’Oise, la Cimade et la Ligue des Droits de l’Homme qui présenteront les différentes solutions permettant aux réfugiés d’accéder à l’emploi.

Avec les interventions et l’expertise de :
– Evelyne Hanau, Bâtonnière du Val d’Oise
– Philippine Parastatis, Avocate en Droit des étrangers
– David Van Der Beken, Avocat en Droit du travail
– Maurice Peyrot, Président de la Fédération de la Ligue des Droits de l’Homme du Val d’Oise
– Saïd Issack, Conseiller de la Délégation Interministérielle chargée de l’Accueil et de l’Intégration des Réfugiés
– Marc Kieny, Président de la CIMADE Île-de-France
– Abdellah Boukellal, Directeur de l’OFII
– Riad Bouhafs, Directeur de la DDCS

Une soirée pour faire tomber les préjugés

Le 20 novembre prochain, à partir de 19h, ESPERER 95 organise, dans le cadre du Festival des Solidarités, en partenariat avec la ville de Cergy, une soirée festive dédiée à l’échange et au partage au Carreau de Cergy.

Autours de l’exposition ClanDestiNO ! regroupant plus de 80 œuvres du photographe Franck Dejardin, venez rencontrer l’artiste, les membres de l’association ESPERER 95 et les personnes hébergées à Cergy et Bernes-sur-Oise, afin de faire tomber les trop nombreux préjugés sur les réfugiés.

Cette exposition est le fruit de trois années de travail de l’artiste avec les personnes accueillies, au Centre d’Accueil et d’Examen des Situations (CAES) de « La Patinoire » à Cergy et dans d’autres structures de l’association.
Portraits et scènes de vies, le témoignage de Franck Dejardin met en lumière ces petits bouts de quotidien des « exilés » ainsi que le travail des équipes de ce lieu chargé d’humanité, au cœur de la Ville !
Au choc des photos s’ajoute le poids des mots, grâce à l’association La Ruche et ses intervenants Olivier Campos et Arthur D’anglemont De Tassigny, qui redonnent une voix aux exilés avec des textes tirés de leurs échanges au CAES de « La Patinoire ».
Ces témoignages prendront vie lors de l’animation SLAM du 20 novembre.

 L’édition 2018 du Festival des Solidarités, organisé par la ville de Cergy du 16 au 24 novembre, sera une fois de plus l’occasion de célébrer l’engagement des citoyens et des collectivités pour un monde juste, solidaire et durable.

Inscrit sous le thème « TOUS CITOYENS DU MONDE », le Festival permet de s’ouvrir au monde à travers des expositions, des débats, des concerts, des ateliers et des rencontres avec les différentes associations engagées que compte notre territoire, les artistes plasticiens Sénégalais invités….

Un Festival des solidarités accessible à tous, enfants, parents, familles, grâce à des animations dédiées et solidaires, organisées par les principaux acteurs de terrain du Département.

Retrouvez le programme complet des animations!

Quel professionnel pour quel travail social…

Séminaire « Quel professionnel pour quel travail social… … Les nouveaux enjeux de la formation »

Mardi 19 décembre 2017 – GRATUIT
Auditorium de l’IPSL – 9h30 – 12h00
13 Bld de l’Hautil, 95000 Cergy

Le 19 décembre prochain, l’Association ESPERER 95, l’EPSS et la SAUVEGARDE 95 vous proposent de participer à une réflexion sur les nouveaux enjeux de la formation des travailleurs sociaux.

Après la présentation des nouvelles perspectives de formations, l’évolution des diplômes et leurs enjeux par Olivier Huet, directeur de l’EPSS ;  des témoignages de professionnels et de stagiaires issus de parcours et de formations différentes, feront la passerelle entre les apprentissages de l’école et les problématiques de terrain.

Les  intervenants pourront ensuite interagir avec les participants et ainsi confronter les points de vue,  enrichir les débats !

Le directeur pédagogique de l’EPSS, Didier Bryche,  clôturera cette matinée avec un éclairage synthétique des problématiques soulevées.

FORMULAIRE D’INSCRIPTION (GRATUITE) DISPONIBLE EN CLIQUANT ICI