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Synthèse Séminaire des 40 ans

 

Comment résumer nos actions, nos engagements, nos combats, nos « coups de gueule » en une journée, en un événement…
sacré challenge que nous n’avons pas souhaité relever tant il nous paraissait indispensable de ne pas survoler l’essentiel : les personnes accueillies ! Au delà de cette journée anniversaire, nous avons donc déployé les jours précédents différents moments avec une soirée-débat afghane lors du film « Kabullywood » au cinéma UTOPIA ; avec la diffusion, également à UTOPIA, d’un documentaire « Alternatives » tourné au Pôle Socio-judiciaire de l’Association sur la prise en charge des publics sous main de justice et enfin une « Conférence Migration et Économie » pour informer, sensibiliser et démontrer avec le souhait de lutter contre les préjugés.


Si cet anniversaire était important à lui seul, il n’est rien par rapport à notre volonté farouche depuis 40 ans de donner la parole et rendre visibles les oubliés, les exclus, les victimes d’injustices sociales, de politiques publiques insuffisamment offensives pour les femmes et hommes que les professionnels et bénévoles de l’association accueillent.

40 ans… continuez à nous rendre visibles… Ce titre, mûrement réfléchi, résume ici l’essentiel, le combat mené ainsi que les engagements et défis de demain.

 

Dans ce document, vous pourrez revivre ou découvrir, les moments forts de la journée d’anniversaire : l’histoire de l’Association avec une frise qui retrace 40 ans d’actions au profit des personnes et en réponse aux besoins du territoire ; les témoignages en vidéo d’élus, de partenaires, administrateurs, salariés, personnes accueillies, chercheurs ; les différents plaidoyers sur des thématiques qui nous animent ; les interventions et la démonstration de coopérations plurielles…

Enfin, les travaux menés depuis un an sur la déclinaison du modèle d’Utilité Sociale de l’Association ont pu être exposés, ainsi que la démarche permettant la production d’indicateurs d’impact social sur un secteur spécifique et l’après midi s’est achevée sur la question de l’évolution du modèle associatif pour demain… nous aurons l’occasion de poursuivre cette réflexion dans les mois, années à venir!
Ce fut un très bel anniversaire et je remercie tous ceux qui ont contribué à le mettre en œuvre, à l’animer et à y participer. Mes remerciements sont également destinés à Christian Fournier, directeur général et dans l’Association depuis plus de 30 ans. Il a quitté ses fonctions juste après, pour une retraite que nous lui souhaitons heureuse, sereine mais toujours militante!

Valérie Pélisson-Corlieu
Directrice générale
ESPERER 95

Dossier 40 ans

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Bilan de la Conférence Migration & Économie

Mercredi 20 mars 2019 avait lieu la conférence Migration & Économie organisée par ESPERER 95, dans le cadre de ses 40 ans.
L’occasion pour l’Association de faire un point sur les conditions d’accueil des demandeurs d’asile en France, de mettre à mal les préjugés sur les implications sociales et économiques de l’intégration des migrants et d’échanger, avec ses partenaires, sur des solutions concrètes.

Retour sur un après-midi riche en débats et en informations.

Les discours furent passionnés et engagés lors des plaidoyers sur la Loi Asile et Immigration, promulguée le 10 septembre 2018.

Philippine Parastatis, Évelyne Hanau et Maurice Peyrot ont dénoncé une loi inadaptée et inutile, portant atteinte aux droits individuels des étrangers et ont interpelé Aurélien Taché sur la détérioration des conditions d’accueil des demandeurs d’asile.

Ce constat était partagé par Julie Pichon, Marion Jeffroy et Mamadou D., respectivement Cheffe de service du CAES « La Patinoire », travailleuse sociale de l’HUDA de Bernes-sur-Oise et demandeur d’asile hébergé à l’HUDA d’Argenteuil, venus rendre compte des difficultés quotidiennes rencontrées par les réfugiés en attente de régularisation.

Le Député de la 10e circonscription de Val d’Oise, Aurélien Taché, venu présenter son rapport « 72 propositions pour une politique ambitieuse d’intégration des étrangers arrivant en France », a défendu son engagement à faciliter l’intégration des demandeurs d’asile ayant obtenu leur titre de séjour, en s’opposant parfois aux décisions gouvernementales.

Cette intégration fait de l’accueil des migrants un enjeu social et économique pour la France.

Ekrame Boubtane, Économiste et Chercheuse spécialisée sur les implications macroéconomiques des migrations internationales dans les pays d’Europe de l’Ouest, a présenté le résultat de ses recherches de l’impact des migrations sur l’économie française. L’accueil des réfugiés, majoritairement en âge de travailler et pouvant répondre aux besoins en main-d’œuvre de certains secteurs d’activité (bâtiment, restauration…), au sein d’une population française vieillissante, permet de renforcer l’activité économique du pays et les finances de l’État, par les cotisations perçues. Au contraire d’être une charge financière, investir dans l’intégration des réfugiés permet de créer de la richesse nationale.

Pour bénéficier de cet impact économique positif, encore faut-il que les accès des réfugiés au marché du travail ou au logement ne soient pas obstrués.

C’est tout l’enjeu du nouveau projet de Plateforme d’intégration des personnes réfugiées imaginé par ESPERER 95. Présentée lors de cette conférence, cette proposition vise à accompagner les réfugiés vers la formation, l’emploi et l’hébergement, grâce à l’expertise des différents pôles de l’Association et de ses partenaires.

Alors que la DDCS dispose de lieux d’hébergement qui ne trouvent pas de locataires dans certaines régions et que certains emplois accessibles à des réfugiés restent vacants faute d’accompagnement et d’information des entreprises, comme l’ont confirmé Riad Bouhafs et Saïd Issack, un tel dispositif permettrait de faire coïncider les attentes de tous les acteurs du secteur.

À travers cette conférence, ESPERER 95 souhaitait relancer le débat public sur l’accueil des étrangers en France, en donnant la parole aux différentes parties prenantes, afin de prouver qu’une autre voie est possible.

Pari gagné !

La qualité de cette conférence étant à l’image de ses intervenants, ESPERER 95 remercie :

– José Guérin, Directeur de la radio RGB et présentateur de l’émission « Les solidarités au-delà des mots », qui a su animer avec brio cette conférence
– Philippine Parastatis, Administratrice d’ESPERER 95 et Avocate spécialisée en Droit des étrangers
– Évelyne Hanau, Bâtonnière du Val-d’Oise
– Maurice Peyrot, Administrateur d’ESPERER 95 et Président de la Fédération de la ligue des droits de l’Homme du Val-d’Oise
– Aurélien Taché, Député de la 10e circonscription du Val-d’Oise et auteur du rapport « 72 propositions pour une politique ambitieuse d’intégration des étrangers arrivant en France
– Julie Pichon, Cheffe de service du CAES « La Patinoire »
– Marion Jeffroy, Travailleuse sociale de l’HUDA de Bernes-sur-Oise
– Mamadou D., demandeur d’asile hébergé à l’HUDA d’Argenteuil
– Ekrame Boubtane, Économiste, Chercheuse et Maitre de Conférence à l’Université de Clermont-Auvergne
– Lucile Skrypczak, Responsable des appels à projets d’ESPERER 95
– Alain Chabo, Directeur général adjoint d’ESPERER 95
– Marc Kieny, Président de la CIMADE Île-de-France
– Riad Bouhafs, Directeur de la DDCS du Val-d’Oise
– Saïd Issack, Conseiller « Emploi-Formation » de la DIAIR

Conférence Migration et Économie

Conférence Migration et Économie
Mercredi 20 mars – 14h00
Institut Polytechnique Saint-Louis     Cergy-Pontoise

ESPERER 95 est convaincue que l’intégration des migrants peut être un facteur de croissance économique du Val d’Oise.
Dans le cadre de ses 40 ans et de son combat pour l’accueil et l’insertion des publics réfugiés et demandeurs d’asile, l’Association organise cette conférence afin de dénoncer une politique d’intégration qui exclut de nombreux réfugiés, bridant ainsi l’impact économique positif pour la France.

Plus de 260 000 immigrés ont obtenu leur premier titre de séjour en 2017, mais le Gouvernement ne se donne pas les moyens d’intégrer durablement l’ensemble de ces réfugiés : logement, formations professionnelles, apprentissage du français…. Autant de freins qui empêchent l’accès au marché du travail, premier vecteur d’insertion sociale, mais également source de croissance économique pour les territoires.

Est-il normal qu’une personne doive vivre plusieurs années en situation régulière sans l’autorisation de travailler qui lui permettrait de vivre dignement ?

Fidèle à son engagement contre l’exclusion, ESPERER 95 invite ses différents partenaires à réaliser un état des lieux des politiques actuelles et à envisager les évolutions possibles.
En décryptant la loi Asile et Immigration, promulguée le 10 septembre 2018, ESPERER 95 et ses partenaires constatent une détérioration des conditions d’accueil des demandeurs d’asile et une loi trop éloignée des enjeux humains et quotidiens de l’accompagnement des réfugiés.
L’association exposera également son projet de plateforme d’intégration des personnes réfugiées et Aurélien Taché, Député de la 10e circonscription du Val d’Oise, présentera son rapport : « 72 propositions pour une politique ambitieuse d’intégration des étrangers arrivant en France ».
L’économiste et Chercheure Ekrame Boubtane, lors de son intervention « La Migration : Une chance économique pour la France », partagera le résultat de ses travaux sur l’évolution de l’immigration en France depuis les années 1950 et analysera les impacts économiques des récents flux migratoires.
Une table ronde, animée par José Guérin, présentateur de l’émission « Les solidarités au-delà des mots » sur la radio RGB, réunira ESPERER 95, le Barreau des Avocats du Val d’Oise, l’OFII, la DDCS du Val d’Oise, la Cimade et la Ligue des Droits de l’Homme qui présenteront les différentes solutions permettant aux réfugiés d’accéder à l’emploi.

Avec les interventions et l’expertise de :
– Evelyne Hanau, Bâtonnière du Val d’Oise
– Philippine Parastatis, Avocate en Droit des étrangers
– David Van Der Beken, Avocat en Droit du travail
– Maurice Peyrot, Président de la Fédération de la Ligue des Droits de l’Homme du Val d’Oise
– Saïd Issack, Conseiller de la Délégation Interministérielle chargée de l’Accueil et de l’Intégration des Réfugiés
– Marc Kieny, Président de la CIMADE Île-de-France
– Abdellah Boukellal, Directeur de l’OFII
– Riad Bouhafs, Directeur de la DDCS

Une soirée pour faire tomber les préjugés

Le 20 novembre prochain, à partir de 19h, ESPERER 95 organise, dans le cadre du Festival des Solidarités, en partenariat avec la ville de Cergy, une soirée festive dédiée à l’échange et au partage au Carreau de Cergy.

Autours de l’exposition ClanDestiNO ! regroupant plus de 80 œuvres du photographe Franck Dejardin, venez rencontrer l’artiste, les membres de l’association ESPERER 95 et les personnes hébergées à Cergy et Bernes-sur-Oise, afin de faire tomber les trop nombreux préjugés sur les réfugiés.

Cette exposition est le fruit de trois années de travail de l’artiste avec les personnes accueillies, au Centre d’Accueil et d’Examen des Situations (CAES) de « La Patinoire » à Cergy et dans d’autres structures de l’association.
Portraits et scènes de vies, le témoignage de Franck Dejardin met en lumière ces petits bouts de quotidien des « exilés » ainsi que le travail des équipes de ce lieu chargé d’humanité, au cœur de la Ville !
Au choc des photos s’ajoute le poids des mots, grâce à l’association La Ruche et ses intervenants Olivier Campos et Arthur D’anglemont De Tassigny, qui redonnent une voix aux exilés avec des textes tirés de leurs échanges au CAES de « La Patinoire ».
Ces témoignages prendront vie lors de l’animation SLAM du 20 novembre.

 L’édition 2018 du Festival des Solidarités, organisé par la ville de Cergy du 16 au 24 novembre, sera une fois de plus l’occasion de célébrer l’engagement des citoyens et des collectivités pour un monde juste, solidaire et durable.

Inscrit sous le thème « TOUS CITOYENS DU MONDE », le Festival permet de s’ouvrir au monde à travers des expositions, des débats, des concerts, des ateliers et des rencontres avec les différentes associations engagées que compte notre territoire, les artistes plasticiens Sénégalais invités….

Un Festival des solidarités accessible à tous, enfants, parents, familles, grâce à des animations dédiées et solidaires, organisées par les principaux acteurs de terrain du Département.

Retrouvez le programme complet des animations!

Coordination Territoriale du SIAO 95 – 19 novembre 2018

Le 19 novembre 2018, le SIAO 95 réunissait ses partenaires sur le thème:

« Du 115 à l’accès au Logement : Présentation du SIAO 95 – ses missions et évolutions »

Télécharger ici le support de la présentation :

 

 

Quel professionnel pour quel travail social…

Séminaire « Quel professionnel pour quel travail social… … Les nouveaux enjeux de la formation »

Mardi 19 décembre 2017 – GRATUIT
Auditorium de l’IPSL – 9h30 – 12h00
13 Bld de l’Hautil, 95000 Cergy

Le 19 décembre prochain, l’Association ESPERER 95, l’EPSS et la SAUVEGARDE 95 vous proposent de participer à une réflexion sur les nouveaux enjeux de la formation des travailleurs sociaux.

Après la présentation des nouvelles perspectives de formations, l’évolution des diplômes et leurs enjeux par Olivier Huet, directeur de l’EPSS ;  des témoignages de professionnels et de stagiaires issus de parcours et de formations différentes, feront la passerelle entre les apprentissages de l’école et les problématiques de terrain.

Les  intervenants pourront ensuite interagir avec les participants et ainsi confronter les points de vue,  enrichir les débats !

Le directeur pédagogique de l’EPSS, Didier Bryche,  clôturera cette matinée avec un éclairage synthétique des problématiques soulevées.

FORMULAIRE D’INSCRIPTION (GRATUITE) DISPONIBLE EN CLIQUANT ICI

Conférence « Les parcours migratoires »

Conférence sur « Les parcours migratoires »
Jeudi 26 octobre 2017 –
13h30 – 18h00

Auditorium de l’IPSL – 13 Boulevard de l’Hautil – 95000 Cergy

Le 26 octobre prochain, ESPERER 95 s’associe une nouvelle fois à l’EPSS pour une conférence sur les Parcours Migratoires.
Forte de son expérience sur cette thématique, l’Association invite de nombreux intervenants, chercheurs, spécialistes, travailleurs sociaux de terrain, avocats… pour enrichir ce débat d’actualité.
Professionnel, étudiant, travailleur social ou encore citoyen engagé…  sont les bienvenus à Cergy. Un échange sera d’ailleurs organisé après les différentes présentations des intervenants.
Avec la présence  d’Elodie DEGIOVANNI , Préfète Déléguée pour l’Egalité des Chances et du Député Aurélien Taché de la 10e circonscription du Val d’Oise.

Pour télécharger le programme détaillé, cliquez là !

Inscription (gratuite) en cliquant ici 

 

 

Soirée débat au cinéma Utopia

Co-organisée avec la juridiction et le Conseil de l’Ordre des avocats du Val d’Oise, cette soirée de débat à l’Utopia de Saint-Ouenl’Aumône a été le deuxième volet d’un cycle débuté en octobre avec le documentaire 10e chambre, instants d’instance de Raymond Depardon. Accompagnés d’un public toujours plus nombreux, les intervenants ont pu débattre sur l’état actuel de la situation carcérale.

Intervenants : Gérard Sebaoun (Député) – Yves Feuillerat (Directeur de maison d’arrêt) – Boujemaa Arsafi (DFSPIP 95) – Myriam de Crouy Chanel (Vice-Présidente du Service de l’Application des peines du TGI de Beauvais – Marie Alix Mauduit (Président de l’accueil des Familles des Détenus) – Odile Desquiret (Directrice du pôle Socio-Judiciaire à ESPERER 95) – Stéphanie Lasalle (Conseillère technique à la Fédération Citoyen et Justice)

Comment parler de prison sans prisonnier ? Demandez à Rachida Brakni. Si l’idée peut sembler saugrenue pour un Blockbuster Hollywoodien, on peut comprendre l’angle de l’actrice/réalisatrice tant la prison touche un cercle élargi de personnes. Car un jugement, c’est avant tout un condamné, mais aussi des familles innocentes qui doivent subir la singularité de cette situation.

Avec ce film, on découvre un périple émouvant d’une dizaine de femmes, parcourant les différentes salles d’une maison d’arrêt pour aller voir leur proche.

A travers ces personnages, plusieurs problèmes sont évoqués comme celui de la surpopulation carcérale, du délabrement ou de la récidive. Comme celui de Houria, une femme d’une cinquantaine d’années fréquentant la maison d’arrêt depuis 30 ans, d’abord pour son mari, puis pour son fils. Car il faut le savoir, 5 arrivants sur 10 sont des récidivistes, avec leurs petites habitudes et leurs amis. Une fois en prison, un détenu coûte en moyenne 100 euros par jour contre 50 pour un aménagement de peine.

En Suède, où le taux de détentions est l’un des plus bas d’Europe (44 pour 100 000 habitants, plus du double en France), tout est fait pour accompagner le détenu du point d’entré au point de sortie. Dans certains cas, on s’y prend même avant d’y entrer et on retrouve parmi ceux-là un taux de réinsertion (70%) battant tous les records. Cela est notamment à un effort particulier mis sur l’administration pénitentiaire. Si, en France, chaque conseiller d’insertion et de probation accompagne autour de 130 personnes, selon les syndicats, en Suède, c’est plutôt de 30 à 35. Les efforts financiers faits par le Royaume sont conséquents. Plus de 3% du budget national est alloué à la justice, contre 1,9% en France. Le budget de la justice par habitant est de 472 euros, contre 23 en France.

Qu’est ce qui empêche donc d’avancer ? La peur de l’échec. Si un détenu relâché plus tôt que prévu récidive, la justice est montrée du doigt. Cette justice que 85% de l’opinion publique juge trop laxiste. Cette justice abandonnée par les hautes instances. C’est le député Gérard Sebaoun qui témoigne : « Même pour des oreilles avisées, si vous saviez les horreurs que l’on peut entendre à l’Assemblé Nationale. » avoue-t-il lors de notre soirée débat. Sans rien dévoiler, il dit tout. Le mépris des élus qui s’inquiètent de l’incarcération, mais pas de la sortie. L’opinion publique qui bloque toutes tentation de changement. Au final, des tentatives d’humanisation de la prison telles qu’accorder des temps de téléphone avec les familles, (que les détenus ont déjà, mais illégalement), restent régionales. Et malheureusement, cette opinion publique qui entrave le mouvement se trouve être très mal informée. Car la France est l’un des pays les plus sévères d’Europe. La peine moyenne prononcée par les tribunaux augmente. En 2012 c’était 6,9 mois, en 2015 c’est 8,4 mois. Et sur la même période, le nombre de condamnations à de la prison ferme a augmenté, passant de 122.301 à 124.702.

Mais l’Opinion publique est partout pareille, et même dans le royaume suédois, la majorité pense que la justice est trop laxiste. C’est pourquoi le criminologue Henry Tham s’est penché sur la question avec une étude. Celle-ci montre que lorsque l’on demande à un citoyen de se mettre à la place d’un juge afin de prononcer une condamnation, après avoir écouté les tenants et aboutissants d’un procès, les peines étaient moins sévères que celles des juges, et beaucoup critiquaient la fermeté du juge.

Cette soirée de débat a été un moyen d’établir une discussion sur ces sujets avec des professionnels de tous les milieux, qui ont su chacun amener leur expertise. C’est pourquoi, plutôt que de raconter comment la soirée s’est agréablement passée, nous avons préféré mettre en avant les problèmes soulignés lors de cette soirée. Très prochainement, des vidéos de ce débat seront publiées afin de continuer d’approfondir le sujet. La prochaine soirée sera le 20 avril sur le thème des violences intra-murales.

La première Newsletter d’ESPERER 95

ESPERER 95 lance sa newsletter. Au programme, l’avancée du chantier Francis Combe, le plan Grand Froid lancé par le gouvernement ou encore la signature du protocole d’accord avec le Conseil Départemental. Si vous l’avez raté, téléchargez la ci-dessous en PDF, et si vous souhaitez recevoir la prochaine, n’hésitez pas à envoyer votre adresse mail à fdechiara.communication@esperer-95.org.

[gview file= »http://esperer-95.org/wp-content/uploads/Newsletter-01-2017-1.pdf »]

SIGNATURE DU PROTOCOLE D’ACCORD

Le Département du Val d’Oise et l’association ESPERER 95, gestionnaire du SIAO, ont trouvé un accord pour la prise en charge des publics de l’Aide Sociale à l’Enfance.

Le 6 décembre dernier, après presque 18 mois de réflexion et de travaux avec le Conseil Départemental, le « protocole d’accord entre le CD, la DDCS et l’association ESPERER 95 gestionnaire du SIAO » a été validé et marque le début de la mise en œuvre opérationnelle de ce vaste chantier. En effet, depuis la fin de l’alternance de prise en charge impulsée par ESPERER 95 et la condamnation du Conseil Départemental par la justice dans sa volonté de ne plus prendre en charge l’hébergement, les évènements se sont accélérés et certains décideurs ont changé. Pour rappel, les services de l’Aide Sociale à l’Enfance sont venus nous rencontrer, il y a quelques mois, et au regard de l’organisation interne de la plateforme 115 et du dispositif hôtelier, ont souhaité nous confier la gestion de la mise à l’abri à l’hôtel du public ASE, à savoir les femmes enceintes et les mères isolées avec leurs enfants de moins de trois ans qui ont besoin d’un soutien matériel et psychologique. Public relevant du service de l’aide sociale à l’enfance sur décision du Président du Conseil Départemental, comme le prévoit l’article L.222-5 4° du Code de l’action sociale et des familles. C’est une réelle avancée à plusieurs titres, d’une part il démontre que, dans l’intérêt des ménages, le Conseil Départemental est en capacité de revoir ses positions et de travailler avec le SIAO, sur cette question.

D’autre part, pour le Conseil Départemental, il y a une réelle plus-value dans ce fonctionnement ; Pour leurs agents, qui ne se verront plus être en recherche d’hôtel pour leur situation, ou dans la délivrance de « bons d’urgence », de négociations ou régulations avec les hôteliers, et auront un regard différent via les diagnostics de travailleurs sociaux du 115 et les interventions dans les hôtels de notre équipe mobile, etc… Enfin, dans un contexte extrêmement tendu, pour le Conseil Départemental, c’est également une économie budgétaire importante, puisque nous coûtons bien moins cher que PROMOTEL…

De notre côté, l’enjeu est très important et la mise en œuvre sera difficile. Nous devrons faciliter le travail des équipes en maintenant une collaboration étroite avec les responsables du CD, et d’ores et déjà des temps de travail sont fixés dans les semaines à venir et permettre un démarrage de l’action courant Janvier 2017. Autre point important, ce public « échappait » à l’observation sociale départementale que nous menons. Demain, nous pourrons davantage identifier les besoins réels du territoire et tenter de favoriser le développement d’une offre adaptée.

La prise en charge d’une femme enceinte ou d’une mère accompagnée d’un enfant de moins de trois ans. La Cour administrative d’Appel de Versailles a tranché lors de son audience publique du 15/12/16 : la requête du Département du Val d’Oise est rejetée, la prise en charge par le service de l’Aide Sociale à l’Enfance des femmes enceintes et des mères isolées avec leurs enfants de moins de trois ans relève bien du Conseil Départemental.