En raison de l’inflation, l’arrêté du 21 décembre 2022 rend applicable la hausse des salaires dans la branche associative sanitaire, sociale et médico-sociale. Ce dernier relève la valeur du Minimum Garanti (MG) de 3,86 € à 3,94 €, soit environ 3 %.
L’objectif étant de transposer aux salariés du secteur associatif, relevant des Conventions Collectives Nationales (CCN) du 31 octobre 1951 (Fehap), du 15 mars 1966 (Nexem) et de la Croix-Rouge française, la revalorisation du point d’indice dont bénéficient les fonctionnaires depuis juillet 2022.
Retrouvez plus d’informations en cliquant ici.
Malgré les politiques publiques déployées et renforcées ces dernières décennies, l’accès à l’hébergement et au logement s’apparente toujours un parcours du combattant pour les personnes les plus précaires. Ces familles, et donc leurs enfants, sont maintenus dans une précarité résidentielle, ce qui ne permet pas de promouvoir ni de protéger la santé des enfants, en particulier leur santé mentale.
Dans un rapport paru en septembre 2022, l’Unicef France et le Samu Social de Paris alertent sur le fait que « vivre à la rue ou dans des chambres d’hôtel insalubres et exiguës entraîne d’inquiétantes conséquences sur la santé mentale des enfants… ». En outre, Bruno FALISSARD, pédopsychiatre qui a apporté son expertise aux auteurs du rapport, déclarait : parmi ces mineurs, « une petite minorité sont des résilients qui en sortiront grandis, mais la majorité va en payer les pots cassés ».
La reconnaissance et la prise en charge des problèmes de santé mentale des enfants restent globalement limitées sinon insuffisantes. Compte tenu des difficultés que rencontre la pédopsychiatrie française, les enfants sans-domicile sont davantage fragilisés. Par ailleurs, les mesures à destination des populations sans-domicile ne prennent pas en compte les besoins spécifiques des enfants.
En amont des soins, la prévention primaire des troubles de la santé mentale passe par le maintien des conditions favorables au bien-être et à la sécurisation des enfants. Le logement est donc un préalable de sécurisation indispensable afin d’apporter à l’enfant une certaine stabilité et sécurité dans son environnement, diminuant ainsi le risque de développer des troubles de la santé mentale.
L’absence de domicile fixe affecte l’évolution de l’enfant au sein des différents environnements dans lesquels il évolue : familial, scolaire, social et amical. Cela confronte l’enfant à des conditions de vie dégradées, mêlant nuisances, insalubrité, exiguïté, insécurité, manque de commodités, qui vont ainsi engendrer d’importantes répercussions sur sa santé physique et mentale à court et moyen termes, mais aussi sur le long terme, affectant sa vie de futur adulte. Cela peut entraîner un état de mal-être qui perturbe les relations aux autres, l’estime de soi, le sommeil, l’alimentation, le niveau de stress ou encore les résultats scolaires. D’après l’enquête Enfams réalisée par l’Observatoire du Samu social de Paris en 2013 auprès des familles sans-domicile, 19,2% des troubles suspectés de la santé mentale globale étaient plus fréquents chez les enfants sans-domicile.
Dans ce contexte déjà difficile, les enfants sans domicile sont en plus confrontés à des obstacles supplémentaires d’accès et de maintien dans les soins impliquant une discontinuité dans les parcours de santé, mais aussi l’impossibilité de recourir aux alternatives de soins dans le secteur privé, car trop coûteuses.
Afin de répondre au sans-abrisme des familles et donc des enfants, un dispositif spécifique de prise en charge au 115 existe depuis décembre 2016 dans le Val-d’Oise : le dispositif « ASE » (Aide Sociale à l’Enfance). Ce dispositif vise à mettre à l’abri à l’hôtel via le 115 les femmes enceintes et les mères isolées ayant des enfants de moins de trois ans qui ont un besoin de soutien matériel et psychologique, identifiées par le Conseil Départemental. Cela permet donc d’assurer la protection et la mise à l’abri de ces publics identifiés comme particulièrement fragiles et vulnérables.
Malheureusement, au vu des critères du dispositif ASE, une partie des familles reste sans solution sur le département, on parle de « demandes non pourvues » ou DNP. Concrètement, il s’agit des personnes sans solution d’hébergement qui parviennent à joindre le 115 mais qui n’obtiennent pas de place à l’issue de leur appel – les chiffres ne comprennent donc pas les personnes en demande de mise à l’abri ne parvenant pas à joindre le 115.
Parmi les familles en DNP sur le département, l’immense majorité d’entre elles explique n’avoir aucune solution et dormir à la rue.
Si nous constatons une baisse du nombre de DNP sur cette période, il convient de noter que le nombre de familles en DNP est en augmentation depuis plusieurs années, et croît bien plus vite pour les familles que pour les personnes isolées.
Face à cette tendance à la hausse, les fluctuations que l’on peut noter sur certaines périodes s’expliquent par le fait que les familles bénéficient davantage des prises en charge pendant les périodes de hautes turbulences : Covid-19, grand froid etc….
Face à cette situation alarmante, plusieurs préconisations ont pu être identifiées par des associations spécialisées, notamment dans le rapport de l’Unicef / Samu Social de Paris précité. La plupart a une visée globale et dépend de la mise en place de politiques publiques ambitieuses. Nous avons choisi de vous en exposer quelques-unes qui pourraient potentiellement être prises en compte dans nos pratiques professionnelles dès à présent :
✔️ s’assurer de la présence d’un référent en santé mentale qui soit formé à ces enjeux dans chaque école ;
✔️ encourager le développement d’actions de prévention et de sensibilisation hors les murs, visant à aller vers les familles sans-domicile via des équipes mobiles adaptées aux besoins des enfants ;
✔️ favoriser la transversalité et l’interconnaissance entre le secteur de l’accueil, de l’hébergement et de l’insertion et celui de la santé mentale et de la pédiatrie.
SOURCES :
– Le Baromètre enfants à la rue publié en septembre 2022 par l’UNICEF France et Samu social de Paris ;
– Wresinski J., Grande pauvreté et précarité économique et sociale. Conseil économique et social, 1987 ;
– FEANTSA, Typologie européenne de l’exclusion liée au logement, 2007.
Pour retrouver l’ensemble des préconisations, nous vous invitons à consulter la synthèse du rapport « GRANDIR SANS CHEZ-SOI » en cliquant ici.
Nous vous invitons également à consulter la liste de l’offre médico-sociale spécialisée sur la prise en charge des enfants ayant des troubles psychiques dans le Val-d’Oise, issue du « PROJET TERRITORIAL DE SANTÉ MANTALE DU VAL-D’OISE » publié par l’Agence Régionale de Santé et le Conseil Territorial de Santé du Val-d’Oise en décembre 2020.
Vous retrouverez ce document (la liste commence à la page 37), en cliquant ici.
Le SIAO 95 a été membre du comité d’évaluation du Comité Régional de l’Habitat et de l’Hébergement (CRHH). L’objectif de cette démarche, menée depuis juin 2022 et arrivant à son terme, est d’évaluer le Schéma Régional de l’Habitat et de l’Hébergement (SRHH) et les modalités de son suivi. Le rapport final sera soumis en assemblée plénière du CRHH le 16 décembre prochain, accompagné d’une synthèse conclusive des travaux et de recommandations.
Le SRHH est un document de planification stratégique qui vise à faciliter la coordination des politiques d’habitat et d’hébergement en Île-de-France.
Le comité d’évaluation a procédé en 3 étapes :
✔️ une phase de cadrage des travaux déjà engagés (collecte statistique, référentiel d’évaluation) ;
✔️ des entretiens transversaux avec des acteurs représentatifs du champ de l’habitat (collectivités, État, associations) ;
✔️ un rapport d’évaluation.
Ce constat évaluatif présentera également une base de travail pour le renouvellement du SRHH, prévu en fin d’année 2023. Il a permis notamment d’interroger la pertinence et la cohérence du SRHH, son périmètre en termes de thèmes abordés, la lisibilité sur la priorisation des actions identifiées, sa gouvernance et les acteurs impliqués, le suivi de sa mise en œuvre.
Les recommandations concrètes seront communiquées, à l’issue du processus de validation définitive du document.
Dans la continuité des travaux engagés en 2021 avec l’AFFIL et l’AORIF sur la fluidité résidentielle, nous avons décidé de renforcer l’acculturation mutuelle entre bailleurs sociaux et structures d’hébergement en proposant aux bailleurs, en réponse à leur demande, de visiter des structures d’hébergement.
C’est dans ce cadre que le 23 mars dernier, une première visite a été organisée au sein de l’établissement « APUI les villageoises » de Cergy. Une deuxième visite s’est déroulée le 16 novembre 2022 sur le site de l’Ensemble, structure gérée par ESPERER 95. À cette occasion, des représentants de bailleurs, de l’AORIF, de l’AFFIL, du SIAO et des référents sociaux d’associations ont été accueillis par Mme CHARTIER, Directrice Adjointe du Pôle Hébergement Social de ESPERER 95 et Mme LECONTE, Cheffe de service CHRS et de la MAISON RELAIS d’ESPERER 95.
La visite a commencé par une présentation de la genèse du projet et le fonctionnement global de la structure. Puis, Mme CHARTIER et Mme LECONTE ont précisé les modalités d’accueil, d’hébergement et d’accompagnement des personnes sans abri, via les différents dispositifs de l’Accueil de jour, de l’Accueil de nuit, du CHRS, de la Maison Relais et de la cuisine d’insertion.
Les ménages sont orientés par le 115 pour les dispositifs de l’Accueil de Nuit (uniquement à destination des personnes seules et sans enfant) et par le SIAO pour le CHRS. Concernant la Maison Relais (personnes seules ou en couple ou groupe d’adultes sans enfant mineur), les personnes sont admises via une commission d’admission. Plus d’une centaine de personnes, ayant des problématiques et des niveaux d’autonomie très différents, vivent au sein de la structure. Ouvert à tous et ce, sans orientation préalable, l’Ensemble propose également un Accueil de Jour. Enfin, le volet de l’insertion socio-professionnelle est travaillé via la Cuisine d’insertion qui emploie et accompagne prioritairement un public féminin.
Les travailleurs sociaux de la Maisons Relais (L’Ensemble et Marjoberts) ont présenté leur travail : admission des personnes hébergées et des habitants, accompagnement social au quotidien et spécificités de l’accompagnement social lié au logement, parcours des personnes, moyens dont disposent l’équipe pour les accompagner ou encore perspectives de sortie après cet hébergement. Ces échanges riches et constructifs ont mis en avant le rôle clé des travailleurs sociaux dans l’accompagnement à l’accès au logement. En effet, le travailleur social est un intermédiaire incontournable puisqu’il va se retrouver en situation de « crédibiliser » le ménage face au bailleur, tout en devant laisser le ménage être acteur de sa propre demande.
Les bailleurs ont également pu répondre aux interrogations des travailleurs sociaux sur les modalités de passage des dossiers en CALEOL, leurs attendus, les éléments indispensables à une bonne étude de dossier et leurs contraintes réglementaires et financières.
Ces rencontres permettent une meilleure appréhension et compréhension entre les différents acteurs du logement et de l’hébergement. Avec une connaissance accrue des structures et du rôle joué par les travailleurs sociaux auprès des ménages, les bailleurs seront plus à même d’évaluer la notion du « prêt au logement », destinée à disparaitre mais toujours présente dans les pratiques, pour le public sortant d’hébergement.
Le 15 novembre dernier, le SIAO 95 a participé à la mobilisation nationale des SIAO contre l’exclusion de ses salariés de la prime Ségur. Les activités ont été interrompues durant l’ensemble de la journée. Aucun appel ni mail n’a été traité(1).
Les équipes du SIAO 95 dénoncent une iniquité de traitement des travailleurs et intervenants sociaux « oubliés du Ségur », exclus d’une revalorisation salariale de 183 € accordée depuis le 18 février dernier à certains acteurs du social :
« En tant que salariés du SIAO 95, organe considéré comme « clef de voûte du Service public de la rue au logement »(2), nous ne bénéficions pas de la reconnaissance liée à la prime « Ségur ».
Comment prétendre que nous ne réalisons pas d’accompagnement social au 115 ?
Le quotidien des travailleurs sociaux écoutants est d’accueillir, d’écouter et d’essayer de trouver une solution d’urgence à la détresse des appelants (jusqu’à une centaine par jour et par salarié-ée). Garants de l’application des droits fondamentaux, des consignes territoriales et acteurs contraints d’une injustice sociale, cette posture paradoxale implique un stress et une charge mentale manifeste.
Le travail social effectué tous les jours, sans relâche, est indéniable. Le 115 est en première ligne dans la prise en charge des personnes : effectuer un diagnostic social, signaler les situations aux maraudes ou aux organisations et institutions compétentes, orienter vers les structures hôtelières, mettre en lien les personnes avec les Associations compétentes en fonction des besoins identifiés, faire de la médiation, être un soutien pour les personnes qui appellent – les écouter, les rassurer, entendre leur détresse et leur colère… Tout cela sans même parler des tâches administratives qui sont sans cesse plus nombreuses, au gré de nouvelles procédures ou dispositifs.
Comment penser que nous ne contribuons pas à l’accompagnement des personnes en demande d’hébergement/logement ?
C’est la collaboration de l’ensemble de nos services qui permet la meilleure prise en charge possible des personnes. Sans les « administratifs », il n’y a pas de prise en charge pérenne des publics sur le territoire, pas d’orientation vers les structures d’hébergement ou de logement intermédiaire. Mais aussi : pas de donnée à faire remonter à l’État pour montrer la réalité et les besoins du terrain, pas d’étude des dossiers SI-SIAO, pas de facilitation de l’accès au logement social pour une partie des personnes en demande sur le Val-d’Oise, pas de lien avec les gestionnaires, prescripteurs, et tout autre partenaire ; pas de dynamique territoriale coordonnée permettant de faire évoluer les pratiques et donc la prise en charge des publics.
Sans le travail des équipes et l’expertise qui en découle, c’est toute l’intervention sociale sur le département qui est impactée.
L’État nous considère-t-il comme des sous-travailleurs sociaux ?
Le non-octroi de cette revalorisation n’est plus seulement une question salariale. Le salaire est certes un enjeu majeur, particulièrement pour les travailleurs sociaux écoutants 115 soumis à une rémunération bien trop précarisante. Mais il s’agit aussi et surtout d’une preuve du manque de reconnaissance de notre investissement et de notre travail, s’ajoutant à des années de non-considération des métiers du secteur médico-social.
Alors, la prime Ségur pourquoi pas nous ? »
Les salariés du SIAO 95
(1) Afin de ne pas pénaliser les personnes en demande, le SIAO a organisé la veille les mises à l’abri d’un maximum de situations et un service minimum a été assuré le jour même pour la ligne urgence 115.
(2) Source : Instruction du 21/03/22 relative aux missions des SIAO pour la mise en œuvre du Service public de la rue au logement.
Le 4 octobre 2022 s’est déroulé le retour d’expérience de la 2e édition de la nuit des maraudeurs à la DRIHL. Celui-ci a réuni une centaine de participants, en présence de Marine JEANTET, déléguée interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté et Isabelle ROUGIER, directrice de la DRIHL. Etaient présents des élus, des collectivités, des UT-DRIHL, certaines DDETS, les SIAO franciliens, les maraudes et organismes gestionnaires impliqués.
Au programme, un retour d’expérience sur l’organisation de l’opération dans les différents départements ; les attentes et les apports de celle-ci pour les différents acteurs ; les besoins non couverts et enfin les perspectives pour une enquête en 2023.
Les échanges ont permis d’observer des types de coordination et de mobilisation différentes d’un territoire à l’autre, mais aussi de couvertures territoriales différentes. Néanmoins, la démarche et l’intérêt de cette nuit des maraudeurs ont tout de même été soulignés malgré la présence d’autres enquêtes menées par d’autres organismes.
En effet, plusieurs types d’opérations existent déjà en Île-de-France et à l’échelle nationale comme la « Nuit de la Solidarité » à Paris et sur une partie des communes de la métropole du Grand Paris qui aura lieu le 26 janvier 2023.
En ce sens, afin de converger vers une complémentarité des enquêtes, l’OFPRUH reconduit une nouvelle nuit des maraudeurs le jeudi 26/01/2023 en soirée, le même jour que la Nuit de la Solidarité Métropolitaine.
Pour rappel, la majorité des maraudes du Val-d’Oise, tant bénévoles que professionnelle, s’était fortement mobilisée en 2020 et en 2021 lors des éditions précédentes.
Une Coordination des acteurs de la Veille Sociale (CVS) se tiendra début décembre au SIAO 95 avec
plus d’informations pour la mobilisation des maraudes valdoisiennes du 26/01/2023.
ESPERER 95 est signataire, au titre du SIAO 95, du courrier signé par 70 SIAO (dont ESPERER 95 au titre du SIAO 95) à l’intention de Mme Borne, 1ère Ministre. Ce courrier réalisé au sein du GAN revendique la prise en compte du rôle des SIAO dans le parcours des ménages et demande avec légitimité que les salariées-és des SIAO soient réintégrées-és dans la liste des professionnels susceptibles de bénéficier de la prime Ségur ou Laforcade
