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Convaincue du rôle du sport comme levier d’insertion, de lien social, de santé…, ESPERER 95 organise une Semaine de l’insertion
Dans son rapport annuel sur les politiques publiques à destination des jeunes, la Cour des comptes dresse un état des
En 2024, sur les 7 675 personnes ayant contacté le 115, 1 518 avaient entre 18 et 30 ans. Cela représente environ 20% du
Le 5e baromètre “Hygiène et précarité” est réalisé conjointement par l’association Dons Solidaires et l’IFOP. Il vise à quantifier l’impact
Le rapport du 1er volet de l’enquête « Femmes et sans-abrisme : quelles réalités ? » a été publié par la Fédération
Bien que la démarche apparaisse fastidieuse, elle n’est pas difficile et porte ses fruits !   Votre premier réflexe est de vous
Ramener vers le droit commun puis vers l’emploi ou la formation les publics dits "invisibles", les plus éloignés de l’emploi
La Cour des comptes estime qu’il est « déterminant » d’améliorer l’accompagnement des jeunes majeurs pour prévenir des « situations
Engagez-vous pour un accès digne à une alimentation saine ! Distribution de « paniers alimentation durable » aux familles hébergées

Convaincue du rôle du sport comme levier d’insertion, de lien social, de santé…, ESPERER 95 organise une Semaine de l’insertion par le sport du 10 au 13 juin 2025. Au programme : des actions à destination des professionnels et bénévoles de l’association et des activités sportives à destination des Citoyens d’ESPERER 95 (voir programme complet ci-dessous).

A noter : à l’issue de la semaine, le lundi 16 juin (ATTENTION, la date de cette action initialement prévue le 4 juin a changé), les citoyens d’ESPERER 95 sont invités à une journée cricket, organisée à Paris par Emmaüs et animée par l’équipe de France de cricket.

INSCRIPTIONS OBLIGATOIRES : pour les inscriptions nous vous invitons à vous rapprocher de votre direction de pôle, dès que possible et avant le 30 mai.
Les professionnels accompagnateurs peuvent également s’inscrire pour participer aux activités. Si vous êtes déjà inscrit en tant qu’accompagnateur et que vous souhaitez participer, merci de vous inscrire également dans la liste des participants.  

9h30 -13h00 : Projection et table ronde autour du documentaire « XXI Sport des solutions » (temps réservé aux professionnels et bénévoles d’ESPERER 95)

Lieu : Cinéma Utopia 1 Pl. Pierre Mendès France, Saint-Ouen-l’Aumône.
Public : professionnels et bénévoles d’ESPERER 95 + partenaires.

  • 9h30 : Accueil café
  • 10h00 : Projection du documentaire « XXI Sport des solutions »
    A travers un tour du monde de cinq initiatives emblématiques dans le domaine du sport et de l’impact social, ce documentaire met en lumière le potentiel du sport pour apporter des réponses à des enjeux sociétaux.
  • 11h00 : Table ronde avec
    • David Blough, auteur du film et co-fondateur de Res Sportiva.
    • Romain Jaworski, Coordinateur de la mission sport d’Emmaüs Solidarité.
    • Valérie Lefevre, Fondatrice-Directrice de l’association socio-sportive val-d’oisienne Ex-aequo.
    • Capucine Ansar, Chargée d’essaimage de Kabubu, association qui favorise l’inclusion des personnes exilées grâce au sport.
  • 12h00 : Buffet convivial en présence des partenaires et des intervenants

14h00 – 16h30 Atelier de formation à la mallette « Art et sport » avec Cultures du cœur. Un outil pour les professionnels, à destination de tous les publics à partir de 5 ans.

Lieu : Pôle socio-judiciaire, 12 chaussée Jules César, immeuble César, Osny
Public : 15 professionnels et bénévoles d’ESPERER 95

Un outil pour les professionnels, à destination de tous les publics à partir de 5 ans. Œuvres à découvrir par le jeu, jeux collaboratifs, activités physiques : cet outil permet de découvrir les grandes familles de sports à travers des situations ludiques d’apprentissages, qui leur permettent d’en appréhender les enjeux sociétaux, historiques, physiques et artistiques.

14h00 – 17h00 : Basketball et cheerleading avec les Spartiates

Lieu : Complexe des Maradas 6 Pass. du Lycée, Pontoise
Public : 50 enfants, 25 adultes et 40 femmes citoyens d’ESPERER 95

  • 14h00 – 16h00
    • Initiation et pratique du basketball, encadrées par les éducateurs et joueurs professionnels de l’équipe des Spartiates. Public : 50 enfants et 25 adultes citoyens d’ESPERER 95
    • Initiation au cheerleading exclusivement à destination d’un public féminin, encadrée par les cheerleaders des Spartiates. Public : 40 participantes citoyennes d’ESPERER 95
  • 16h00 – 16h15 : Show des cheerleaders avec la participation des citoyennes d’ESPERER 95
  • 16h15 – 17h00 : Cocktail de clôture assuré par le restaurant d’insertion d’ESPERER 95

15h00 – 16h00 : Renforcement musculaire avec Ex-aequo

Lieu : Gymnase de l’Axe Majeur, 9 avenue du Jour, Cergy
Public : 30
femmes citoyennes d’ESPERER 95 avec une garderie pour les enfants


16h00 – 18h00 : Initiation au karaté avec A.A.S.S Karaté Sarcelles

Lieu : Dojo Marcel Testard, stade Nelson Mandela, avenue Paul Langevin, Sarcelles
Public : 50 enfants et adultes citoyens d’ESPERER 95

10h00 – 12h00 : Séance motricité parents-bébés avec Ex-aequo

Lieu : Gymnase des Chênes, rue des Chênes Pourpres, Cergy
Public : F
amilles avec des enfants en bas âge, de la marche à 3ans maximum


10h30 – 12h : Initiation découverte du Muay Thai avec Hexagone Muay Thai

Lieu : Dojo du gymnase des Chênes, 8 rue des Chênes Pourpres, Cergy
Public : 12 adolescents/adultes Citoyens d’ESPERER 95


14h00 – 16h30 : Tennis avec la Maison de quartier des Linandes

Lieu : Stade du Ponceau, 36 Rue de Pontoise, Cergy
Public :

10h00 – 16h00 : Tournoi solidaire de foot de l’Accueil de jour/Accueil de nuit de L’Ensemble

Lieu : Stade du Ponceau, 36 Rue de Pontoise, Cergy
Public : Citoyens et professionnels d’ESPERER 95
Pour tout renseignements et inscriptions, merci de vous adresser à l’équipe sociale de l’accueil de jour : adj.lensemble@esperer95.org

13h30 – 16h30 : Cricket avec Emmaüs solidarité et l’équipe de France de Cricket

Lieu : Parc Bagatelle, route de Sèvres à Neuilly, 75016 Paris
Public : 20 adultes et enfants de plus de 8 ans citoyens d’ESPERER 95
!!! INSCRIPTIONS JUSQU’AU 12 JUIN AU PLUS TARD POUR CETTE ACTIVITE !!!

Dans son rapport annuel sur les politiques publiques à destination des jeunes, la Cour des comptes dresse un état des lieux des dispositifs mis en place par les pouvoirs publics pour accompagner les “jeunes”. Pour délimiter ce public, le rapport se base sur les dispositifs d’aide existants, qui commencent à 18 ans et s’étendent jusqu’à 30 ans. Le rapport aborde des thématiques variées comme l’accès à l’éducation, la santé publique ou encore les politiques visant à favoriser l’entrée dans la vie active des jeunes. Le rapport étudie également la question de l’accès au logement de ce public. En ce qui concerne le logement, le rapport met en lumière deux tendances dans les politiques publiques : l’accès au logement de droit commun et le développement d’une offre leur étant spécifiquement dédiée.

I. Les jeunes, un groupe social homogène ?
Les politiques publiques rencontrent des difficultés à qualifier le public jeune, cela s’explique notamment par une représentation d’un groupe social homogène. Or, le rapport remet en cause cette approche en distinguant plusieurs groupes au sein du public “jeune”. Plusieurs variables permettent de comprendre les écarts entre les jeunes dans l’accès à un premier logement. Le niveau de diplôme, le genre, l’activité professionnelle. L’entrée à l’université et dans le monde professionnel implique une mobilité interrégionale pour nombre d’entre eux afin de rejoindre les centres urbains denses. Pour les personnes de 20 à 24 ans, les déménagements d’une région à l’autre sont deux fois plus fréquents en comparaison avec le reste de la population. Cependant, les jeunes dont les parents habitent déjà des métropoles ne rencontrent pas les mêmes problématiques que ceux étant obligé de quitter le domicile familial pour accéder aux études ou à un premier emploi. Les jeunes sans emploi sont 48% à habiter chez leurs parents contre 28% en emploi. Le fait d’être embauché en CDI accroît la probabilité qu’un jeune décohabite. Les plus diplômés accèdent également plus tôt à un logement en autonomie. Être jeune ne renvoie pas donc à la même réalité, ce qui explique l’efficience des actions locales, plus à même de saisir les particularités territoriales. Ces actions permettent de dépasser l’apparente homogénéité du groupe social “jeune”. 34% des jeunes occupant un logement autonome sont concernés par le phénomène de pauvreté monétaire*. Cela s’explique par le montant important des loyers dans les grandes villes, ce qui pèse fortement dans le budget des jeunes. Pour les jeunes sans emploi décohabitant, le taux de pauvreté monétaire s’élève à 56%. L’ouverture des droits au RSA à 25 ans permet à ces jeunes sans emploi de recevoir une allocation fixe, ce qui constitue un facteur différenciant important en comparaison avec les jeunes de moins de 25 ans sans emploi.
Ils se distinguent par le type de logements recherchés, à savoir des meublés pour une courte durée, principalement dans le parc locatif privé. Alors que ce parc ne représente qu’un quart des résidences principales pour la population totale, 70% des moins de 25 ans y logent, et 50% des 25-29 ans. Le rapport note un faible taux de personnes de moins de 30 ans en demande de logement social comparativement aux ressources dont ils disposent. Cela s’explique en partie par le faible taux de rotation pour une population dont la mobilité est fréquente. Cela a des implications financières importantes, puisque les propriétaires peuvent augmenter les loyers à la fin de chaque bail. En région parisienne, les personnes ayant déménagé récemment payent en moyenne 22% de plus que les personnes occupant un logement depuis plus de 10 ans. Enfin, les studios sont en moyenne 21% plus chers au mètre carré que les autres types de logements.
Historiquement, les politiques publiques du logement pour les jeunes se sont concentrées sur le logement à destination des étudiants. Le nombre de logements dans des résidences universitaires s’élève à 385 000, ce qui permet de loger 12% des étudiants et 20% des décohabitants de moins de 30 ans. Il y a 175 000 logements gérés par le CROUS dont la moitié appartient à des bailleurs sociaux, 70 000 logements sociaux et 140 000 résidences privées à loyers libres. On compte également 30 840 places dans des internats pour étudiants. Le SIAO peut orienter sur 157 logements, soit 167 places dans les résidences étudiantes. Pour plus de précisions sur les dispositifs jeunes du pôle Insertion du SIAO, vous pouvez lire cet article en cliquant ici.
Le premier critère d’accès est la détention d’un certificat de scolarité valide. L’attribution de la bourse est déterminante pour accéder au logement étudiant. En effet, les boursiers ont la priorité pour recevoir un logement du CROUS. Sur l’année universitaire 2022-2023, ils étaient 665 000 étudiants boursiers et représentaient 54% des locataires en résidence étudiante contre 5% pour les étudiants non boursiers. Les APL sont le premier soutien public aux jeunes. Ils constituent une aide indispensable pour permettre aux jeunes de se loger.

II. Un soutien fragmenté à mieux coordonner
Mis à part pour les étudiants, le rapport observe que les personnes de moins de 30 ans ne sont pas l’objet d’une politique du logement commune. Elle s’adresse à des groupes particuliers au sein des jeunes. A titre d’exemple, les politiques d’accompagnement des jeunes travailleurs précaires. Cependant, le rapport observe un engagement discontinu de l’État envers les jeunes non-étudiants. Les Foyers Jeunes Travailleurs et Résidences Jeunes Actifs (cf l’article Les dispositifs Jeunes sur le Val-d’Oise en 2024 en cliquant ici), qui ont vocation à accueillir les jeunes travailleurs représentent 68 000 places sur le territoire, soit quatre fois moins que le nombre de places à destination des étudiants alors que les personnes de 21 à 30 ans sont majoritairement en emploi.
Des initiatives ont été portées afin de favoriser l’accès des jeunes au parc social, en permettant par exemple des colocations dans du logement social. Cependant, cela reste marginal puisqu’ils représentent 0,06% des ménages en logement social. La loi ELAN de 2018 offre la possibilité de réserver une partie du parc aux personnes de moins de 30 ans. La mise en place de ce dispositif a encore des effets limités à ce jour. Plusieurs facteurs expliquent cette situation. Les bailleurs activent ces dispositifs sur les nouvelles constructions et de façon marginale sur le parc préexistant. L’attente longue pour se voir attribuer un logement social ne correspond pas à la mobilité contrainte de ce public. Enfin, le parc social est affublé d’une représentation négative par les personnes de moins de 30 ans. Plusieurs bailleurs ont mis en place des actions de communication visant ce public afin de “redorer leur blason”. Étant donnée la proportion de personnes de moins de 30 ans occupant un logement locatif privé, les politiques publiques mettent en place des dispositifs afin de permettre l’accession à ce type de logements pour les jeunes. Cela passe par exemple par l’encadrement des loyers ou des aides à la mobilité ou la garantie VISALE. Ce dispositif a été intégré rapidement dans les pratiques en réponse à un besoin réel puisqu’il est sollicité à 92% par des jeunes de moins de 30 ans. La loi ELAN a créé le bail mobilité. C’est un bail de 10 mois dans un logement meublé. L’aide Mobili-jeune créée en 2018 répond également à cet enjeu et a pour cible les alternants de moins de 30 ans. Ce dispositif permet aux alternants qui gagnent moins de 80% du SMIC d’obtenir une subvention en complément des APL. Il a été mobilisé par 28,6% des apprentis entre 2018 et 2022.
Plusieurs formes de logements ont vu le jour pour pallier les problématiques rencontrées par les jeunes les plus précaires, afin de baisser le montant des loyers pour ces derniers. La loi ELAN a par exemple institutionnalisé la cohabitation intergénérationnelle, ce qui permet aux personnes de soixante ans et plus de louer une partie du logement qu’elles occupent contre un loyer modeste, en lien avec une association. Ces dispositifs restent marginaux à l’échelle nationale, puisqu’ils concernent 2 600 colocations entre 2018 et 2021. Des dispositifs proposent un accompagnement plus global, en joignant l’accompagnement dans le logement par un accompagnement médico-social ou en vue d’une insertion professionnelle. Il existe ainsi le volet jeunes du programme Un chez soi d’abord qui cible les jeunes sans logement stable et ayant des troubles psychologiques sévères, ou le programme ALEJ qui s’adresse à un public vivant dans des lieux informels (squats, sans-domicile fixe, etc.) en lien avec le service civique. En plus de ces politiques à l’échelle nationale, de nombreux programmes existent à une plus petite échelle. Le développement d’initiatives locales couplées aux politiques nationales implique de nombreux acteurs, ce qui peut représenter un frein à l’insertion des jeunes.
Le rapport observe une fragmentation des actions publiques qui complexifie l’accès à l’information sur ces dispositifs. L’enjeu est d’éviter la superposition des dispositifs, accompagnants et vecteurs d’informations.
Le rapport propose de reprendre le fonctionnement des observatoires territoriaux du logement étudiant en le généralisant aux personnes de moins de 30 ans. Ces observatoires locaux ont pour objectif de produire des diagnostics afin d’appréhender les enjeux et besoins des étudiants. Ils agissent en relation avec les exécutifs locaux dans l’élaboration des Programmes Locaux de l’Habitat. Étendre les missions de ces observatoires à l’ensemble du public jeune permettrait une meilleure cohérence et coordination dans l’accompagnement vers le logement des personnes de moins de 30 ans. Cela existe déjà sur certains territoires, notamment en Occitanie, avec un observatoire pour le logement des jeunes. Le rapport appelle cependant à la prudence pour maintenir une gouvernance locale et partagée sur ces instances afin de mieux coller aux différentes réalités territoriales.

Ce rapport permet d’identifier de manière plus fine les sous-groupes chez les 18-30 ans et les spécificités inhérentes à ces groupes. Les besoins de ce public ne sont pas différents de la population générale, à savoir l’accès à un logement abordable et proche du lieu de leur activité. Cependant, les situations de mobilité contrainte et les faibles revenus complexifient l’accès au logement. Les approches visant à déconstruire la catégorie “jeunes” pour mettre en place des dispositifs dédiés à une part de ce public se développent, notamment à destination des jeunes travailleurs précaires.
Les actions portées localement à travers une territorialisation des démarches permettent de prendre en compte les réalités multiples propres à ce public, plus hétérogène qu’il n’y parait. Le rapport note le besoin de renforcer la coordination et de mettre en œuvre une gouvernance à l’échelle locale comme ce fut le cas pour le logement étudiant. Cette coordination permettrait une valorisation des expériences locales réussies, ainsi qu’une mise en réseau des acteurs locaux. La Cour des comptes formule une recommandation, à savoir « capitaliser et diffuser régulièrement à l’échelle nationale les bonnes pratiques en matière d’accès au logement des jeunes » (Cour des comptes, p. 281).

POUR ALLER + LOIN

Téléchargez :
✔️ le Rapport 2025 complet Les politiques publiques en faveur des jeunes. Volume 1, en cliquant ici
✔️ Le chapitre dédié à l’accès des jeunes au logement, en cliquant ici

En 2024, sur les 7 675 personnes ayant contacté le 115, 1 518 avaient entre 18 et 30 ans. Cela représente environ 20% du total des demandeurs. Cette tranche d’âge est identifiée comme celle des “jeunes” puisqu’ils correspondent à de nombreux dispositifs d’aide envers les jeunes.

Le fait qu’un demandeur sur 5 soit un jeune est significatif et soulève plusieurs questions importantes. Les jeunes sans-abris peuvent être particulièrement vulnérables en raison de leur âge et de leur manque d’expérience. Ils peuvent faire face à des défis spécifiques tels que l’accès à l’éducation, à l’emploi et à des services de santé adaptés. A titre d’exemple, 924 d’entre eux ont des enfants, ce qui implique des besoins en termes de scolarisation ou de suivi médical.

Ce qui rend d’autant plus leur mise à l’abri primordiale pour éviter un parcours jonché de ruptures. Sur le 115, pour le public isolé les mises à l’abri se réalisent sur de l’accueil/abri de nuit. Les isolés représentent 33% des jeunes demandeurs. L’accueil de nuit présente plusieurs limites, qui rendent souvent les orientations vers ce type de structure inadaptées aux jeunes :
✔️ Environnement Inadapté : Les centres d’accueil de nuit n’offrent pas un environnement sécurisé et adapté aux besoins spécifiques des jeunes. Cela peut inclure des problèmes de sécurité, de confort et de soutien émotionnel.
✔️ Stigmatisation et Isolement : Les jeunes peuvent se sentir stigmatisés ou isolés dans des environnements où ils sont entourés principalement d’adultes. Cela peut aggraver leur sentiment de vulnérabilité et d’exclusion.
✔️ Manque de Continuité : L’accueil de nuit offre une solution temporaire et ne permet pas de travailler sur des solutions à long terme pour sortir de l’itinérance. Les jeunes ont besoin de stabilité et de continuité pour pouvoir se reconstruire et planifier leur avenir.

Pour être efficaces, les solutions d’hébergement pour les jeunes sans-abris doivent être adaptées à leurs besoins spécifiques, offrir un environnement sécurisé et accueillant et inclure des services de soutien complets. Une aide inadaptée peut amener une distance entre les personnes hébergées et les services d’aide sociale, et augmenter les situations de non-recours. Or, investir dans l’accompagnement des jeunes devrait être une priorité. En effet, les parcours d’errance renforcent l’exclusion sociale des personnes au fil du temps avec un éloignement progressif des structures d’aides sociales et un cumul des difficultés liées à leur situation initiale. Ainsi, un accompagnement renforcé et sur un temps long, pourrait éviter aux nouveaux jeunes demandeurs de rester dans les parcours de l’hébergement d’urgence et permettrait d’endiguer une partie des phénomènes de grande marginalisation dès le départ.

Le 5e baromètre “Hygiène et précarité” est réalisé conjointement par l’association Dons Solidaires et l’IFOP. Il vise à quantifier l’impact de la précarité économique sur l’estime et la présentation de soi, ainsi que sur les habitudes de consommation de produits hygiéniques. Sur une base annuelle, ce baromètre permet de suivre l’évolution du taux de précarité hygiénique en France depuis 2019.

47% des répondants déclarent réduire leur consommation de produits d’hygiène dans le contexte d’inflation économique. Ils étaient 34% en février 2023, ce qui constitue une augmentation de 13 points de pourcentage en deux ans. Sur les 47% des répondants ayant déclaré réduire leur consommation de produits d’hygiène en raison de contraintes budgétaires, 47% des personnes jugent que ces restrictions ont eu un impact négatif sur leur confiance en eux et l’estime de soi. 17% des répondants ont dû arbitrer entre choisir des produits d’hygiène ou des produits de première nécessité, et notamment l’alimentaire. Les femmes, les foyers monoparentaux et les jeunes sont les plus concernés par la réduction de la consommation de produits d’hygiène. Parmi les produits auxquels les français renoncent par contraintes budgétaires, les cosmétiques arrivent très loin devant les autres produits d’hygiène comme le dentifrice, le gel douche, etc. 7% des répondants déclarent avoir eu recours à une aide pour avoir des produits d’hygiène. Ce taux est relativement stable depuis février 2023 puisqu’on comptait alors 6% des enquêtés ayant recours à une aide. Cela signifie que l’augmentation du nombre de personnes renonçant à des produits d’hygiène n’est pas corrélée à un accroissement des personnes ayant recours à un service d’aide pour se procurer des produits hygiéniques. Ce baromètre nous apprend que les français réduisent leur consommation par la réutilisation de produits à usage unique et par une diminution de la fréquence d’utilisation de ces produits. Cela se traduit par une réduction de la fréquence à laquelle les personnes vont se raser, se laver les cheveux, etc… Ces pratiques de renoncement ont un impact sur la vie sociale et professionnelle des personnes. En effet, 31% des personnes s’étant privées d’un produit d’hygiène par manque d’argent déclarent éviter de sortir de chez eux en raison d’un manque d’hygiène. 28% indiquent être mal à l’aise en contexte professionnel en raison de ces renoncements. Ces chiffres montrent le lien entre estime de soi, bien-être et précarité économique.

16% des femmes réglées déclarent ne pas disposer de suffisamment de protections hygiéniques pour elles ou leurs filles en raison d’une situation financière précaire. Ce chiffre est stable depuis février 2023 (15%) mais en nette augmentation par rapport à 2019 (8%) et 2020 (9%). 13% déclarent utiliser des produits de substitution alors qu’elles étaient 7% en 2019 et 6% en 2020. Ces deux indicateurs montrent une augmentation du non-recours à des protections hygiéniques en raison de contraintes budgétaires depuis 2019 et une stabilisation de ces indicateurs depuis 2023. Le baromètre montre un changement dans les usages des protections hygiéniques. Les femmes se tournent désormais majoritairement vers des solutions réutilisables pour des raisons à la fois écologiques (47%) et économiques (41%). Les femmes déclarant manquer de protections hygiéniques ressentent à 51% un sentiment de malaise, 46% du stress et 25% une perte de confiance en elle. L’accès aux produits d’hygiène a donc une influence majeure sur la perception qu’ont les femmes d’elles-mêmes.

23% des parents de jeunes enfants déclarent avoir renoncer à l’achat de couches et de produits d’hygiène/soin pour leurs bébés. Parmi ces derniers, ils sont environ 25% à adopter des stratégies de “débrouilles”, par exemple en réduisant la fréquence à laquelle ils changent la couche de leur enfant.

Comme le montre le Baromètre “Hygiène et précarité”, le manque de produits d’hygiène influence le manque de confiance en soi et touche une part croissante de personnes depuis 2019. Les ménages les plus précaires sont davantage concernés par cette problématique. Pour répondre à cet enjeu, DELTA (plateforme de réservation hôtelière) pilote le dispositif PRECAM afin de lutter contre la précarité menstruelle en hôtel social. Ce dispositif est financé par la DRIHL (Direction Régionale et Interdépartementale de l’Hébergement et du Logement) et par la DRDFE (Direction Régionale aux Droits des Femmes et à l’Égalité). Le projet PRECAM vient pérenniser deux expérimentations franciliennes portées par Règles Élémentaires et le Samu social de Paris.
Ce dispositif a pour projet de mettre à disposition des protections périodiques pour les publics en hôtel social. Ce dispositif comprend également une sensibilisation des femmes hébergées en hôtel social et des professionnels. Ces temps de formation donnent l’occasion de comprendre les risques sanitaires, psychologiques et sociaux liés à la précarité menstruelle et de briser les tabous sur les menstruations. En effet, la précarité menstruelle ne recouvre pas seulement l’impossibilité d’accès à des protections périodiques, mais désigne également le manque d’informations concernant le fonctionnement biologique et les structures médicales qui accompagnent les femmes sur ces questions.

DELTA a un premier objectif de sensibilisation auprès de 2 000 femmes sur les 25 000 femmes hébergées en hôtel social en Île-de-France, soit 8% de la population féminine en hôtel social. DELTA prévoit également la distribution de 70 000 protections jetables et 2 000 protections réutilisables avant 2026, date à laquelle une première évaluation du dispositif sera réalisée par l’observatoire du Samu social de Paris.

POUR ALLER + LOIN

Téléchargez le 5e Baromètre Hygiène et Précarité en France, en cliquant ici.

Trouvez les lieux de mise à disposition de protections hygiéniques, grâce à Reglà, en cliquant ici.

Le rapport du 1er volet de l’enquête « Femmes et sans-abrisme : quelles réalités ? » a été publié par la Fédération des Acteurs de la Solidarité (FAS). Ce premier volet a interrogé les SIAO. Il s’appuie sur les réponses de 63 des 101 SIAO existants, ainsi que sur un rapport produit par la Délégation aux droits des femmes du Sénat. 

  1. Une féminisation de la précarité 

La restitution de cette enquête et le rapport d’information produit par le Sénat pointent une féminisation de la précarité. 87,5% des SIAO notent une augmentation des femmes à la rue. Entre 2020 et 2024, il y a une augmentation moyenne de 26 % des femmes à la rue sur le territoire national. Ce constat a été et reste partiellement inobservable notamment du fait des « stratégies d’invisibilisation que celles-ci [les femmes sans-abris] adoptent afin de ne pas s’exposer aux violences de la rue » (p.8 rapport Senat). Cette féminisation de la précarité s’inscrit dans une dynamique globale de précarisation, comme le montre le dernier rapport de la Fondation pour les Personnes Défavorisées (ex-FAP), puisque le nombre de personnes à la rue a doublé sur les 20 dernières années. 

Le rapport met en lumière les avancées concernant l’adaptation du parc d’hébergement pour répondre aux spécificités du public féminin. La féminisation de la précarité est prise en compte par 93,5% des SIAO qui disposent de places spécifiquement dédiées aux femmes, bien qu’elles restent insuffisantes au regard du nombre de demandes. En ce qui concerne l’orientation du public féminin vers l’hébergement d’urgence, 89% des SIAO ont instauré des critères de priorisation des publics par manque de places. Les publics identifiés sont les Femmes Victimes de Violences (FVV), puis viennent les Femmes Enceintes ou les Femmes Sortant de Maternité (FE-FSM). À l’inverse, 72% des SIAO n’ont pas établi de critères de priorisation dans l’attribution des places en hébergement d’insertion. Ce chiffre s’explique par le fait que l’attribution des places en insertion est faite après une évaluation sociale. Cette situation implique que les femmes sans-abris dont le profil ne correspond pas à un dispositif spécifique sont davantage susceptibles d’avoir des demandes non pourvues. 

  1. Un focus sur deux publics présentant des vulnérabilités : FE-FSM / FVV 

Le rapport porte sur le sans-abrisme féminin en général, mais propose un focus sur deux publics qui cumulent les vulnérabilités, à savoir les femmes victimes de violences et les femmes enceintes ou sortant de maternité. 

FVV

La totalité des SIAO répondants indique avoir mis en place une trame spécifique lorsqu’une femme victime de violences appelle le 115. La circulaire de 2013 visant à renforcer la coopération entre les préfets de département, les SIAO et les associations spécialisées a permis d’instaurer un protocole afin d’améliorer la prise en charge de ce public dans le secteur de l’hébergement d’urgence. Sur le département du Val-d’Oise, un protocole entre le Service Social Départemental, le Centre national d’Information des Droits des Femmes et des Familles, la Police Nationale, la gendarmerie et le SIAO 95 a été mis en place afin de faciliter la prise en charge des FVV. 85% des SIAO répondants ont mis en place un protocole d’orientation spécifique pour les FVV. Parmi ces derniers, 96% proposent des places dédiées uniquement aux FVV. Cela confirme les avancées dans la prise en charge de ce public, avec la mise en place d’un accompagnement social qui répond aux vulnérabilités propres aux femmes victimes de violences. À titre d’exemple, le SIAO 95 est en lien avec les 3 Lieux d’Ecoute, d’Accueil et d’Orientation (LEAO) du département. Pour plus d’informations sur ces lieux dédiés aux FVV, vous pouvez lire cet article du BI qui traite des LEAO sur le Val-d’Oise. Un protocole entre les associations porteuses des LEAO et le SIAO 95 est en cours de réactualisation. 

Sur les 203 000 places d’hébergement dans le parc généraliste, les places dédiées aux FVV représentent 10 700 places, c’est-à-dire 5,2% du nombre total. Étant donné le sous-dimensionnement face à la demande, les FVV peuvent être orientées vers le parc généraliste et hôtelier. L’hôtel est peu adapté à un public nécessitant une prise en charge sociale, médicale et psychologique renforcée. Un rapport du Haut Conseil à l’Egalité (HCE) entre les femmes et les hommes recommande la création de 10 000 places supplémentaires pour répondre à l’accroissement des demandes. Pour le département du Val-d’Oise, 219 places spécifiques aux FVV existent réparties comme suit : 23 places ALTHO – 83 places CHU – 83 places CHRS et 30 places ALT. Il y avait au 31/12/2024, 783 personnes victimes de violences en attente de proposition, dont 98% sont des femmes. Nous pouvons observer une dynamique similaire au niveau départemental et national, à savoir la création de places spécifiques mais en nombre insuffisants pour répondre à la demande et aux besoins de ce public. 

Le rapport recense 30% des SIAO qui orientent ce public vers du logement adapté. Ce type de logements est peu utilisé pour les FVV pour plusieurs raisons. Les places pour les grandes compositions familiales dont rares, les conditions de mise en sécurité sont insuffisantes et l’accompagnement social proposé est limité. Enfin, les critères d’accès liés aux revenus et au statut administratif de ces femmes excluent une part d’entre elles. L’une des principales difficultés dans la prise en charge de ce public est le passage de l’hébergement d’urgence à l’entrée dans un logement pérenne. Le rapport met en lumière trois éléments qui complexifient le parcours résidentiel des FVV, à savoir une situation administrative complexe, une absence de ressources financières suffisantes et une mobilité contrainte. 

Femmes Enceintes et Femmes Sortant de Maternité 

Partant du constat que les femmes enceintes ou venant d’accoucher rencontrent des difficultés pour obtenir une place en hébergement, la DIHAL a ouvert 1 500 places pour les femmes sortant de maternité dont 10 places sur le Val-d’Oise en fin d’année 2024. Ces nouvelles places s’ajoutent au contingent déjà existant sur le département. En détail, il y a 10 places en pré-maternité pour femmes seules, ainsi que deux places en pré-maternité pour une femme enceinte avec un enfant. Enfin, le département du Val-d’Oise compte également 23 places post-maternité. Ces places répondent à un besoin réel, puisque les femmes accueillies bénéficient d’un accompagnement renforcé autour des questions de périnatalité. Ainsi elles peuvent passer les premiers mois de parentalité à l’abri. À l’échelle nationale, elles sont inéquitablement réparties sur le territoire, puisque 55% des SIAO répondants déclarent avoir des places spécifiques dédiées à ce public contre 45% qui n’en possèdent pas.
Le manque de places spécifiques implique une orientation vers l’hébergement ou le parc hôtelier. Parmi les SIAO ayant des places pour les FE-FSM, aucun ne pratique des sorties sèches. Par exemple, le SIAO 95 est en lien avec les maternités du département dans l’orientation du public féminin post-maternité. Cela permet une mise à l’abri des femmes sortant de maternité pour un mois. Les réorientations sont à 80% d’un hébergement à l’autre et 20% vers un logement (social ou adapté). Les freins identifiés pour l’orientation vers un logement sont les situations administratives précaires et l’absence de ressources financières. 

  1. Préconisations/propositions 

La FAS émet plusieurs propositions pour améliorer la prise en charge du public féminin concerné par le sans-abrisme. Mettre en œuvre une “programmation pluriannuelle de la rue au logement” afin d’accroître le nombre de réorientations et de sorties vers un logement pérenne. La FAS rejoint l’avis du HCE et préconise la création de 10 000 places sur le territoire national, incluant des places non mixtes et adaptées aux besoins spécifiques des femmes et des familles. 

Pour les femmes victimes de violences et pour les femmes enceintes ou sortant de maternité, ils souhaitent que l’État poursuive l’augmentation du nombre de places leur étant dédiées. Enfin, la FAS plaide pour un renforcement des partenariats entre les associations spécialisées du territoire et les SIAO. 

  1. Deuxième volet de l’enquête en cours 

Cette première partie de l’enquête sera complétée par un
second volet dans lequel la FAS mobilisera les accueils de jour et les maraudes qui sont au contact d’un public en partie ou entièrement féminin.

POUR ALLER + LOIN

Téléchargez le rapport de l’enquête « Femmes et sans-abrisme : quelles réalités ? Volet 1 | Le phénomène vu par les SIAO », en cliquant ici.

Retrouvez également :

✔️ Le rapport « Où est l’argent contre les violences faites aux femmes? » de la Fondation des femmes, en cliquant ici ;  

✔️ Le rapport «  Femmes sans abri, la face cachée de la rue » de la délégation aux droits des femmes du Sénat, en cliquant ici.  

Bien que la démarche apparaisse fastidieuse, elle n’est pas difficile et porte ses fruits !   

Votre premier réflexe est de vous assurer que la demande de logement social du ménage est en cours de validité, complétée et le reflet de sa situation actuelle. (cf. la liste des pièces justificatives Arrêté du 22 décembre 2020 relatif au nouveau formulaire de demande de logement locatif social et aux pièces justificatives fournies pour l’instruction de la demande de logement locatif social – Légifrance)  

Dans le Val-d’Oise, il existe deux types de reconnaissance de priorité :  

✔️ le DALO ;   

✔️ la demande de labellisation au titre du Plan Départemental d’Action pour le Logement et l’Hébergement des Personnes Défavorisées (PDALHPD).  

La Mission Logement du SIAO 95 intervient uniquement dans le cadre du PDALHPD et labellise les ménages hébergés en structure temporaire sur le département du Val-d’Oise.   

Deux types de labellisation sont possibles en fonction du type de place occupé par un ménage :   

✔️ la labellisation simple, qui concerne tous les ménages occupant une place d’hébergement ne faisant pas partie du contingent État ou les ménages pris en charge par le DNA. La demande se fait par mail au moyen de la fiche de validation sortants de structure (sous format EXCEL) accompagnée d’une note sociale en appui au relogement ;  

✔️ la labellisation renforcée, qui concerne les ménages occupant une place du contingent État. De la même manière, la demande est à adresser par mail au moyen de la fiche de validation sortants de structure, d’une note sociale en appui au relogement et d’une demande SI-SIAO avec une préconisation logement social.  

Vos dossiers feront l’objet d’une étude attentive dans les plus brefs délais. Nous serons amenés à vous recontacter en cas de demande de justificatifs complémentaires.  

Notre mission : labelliser vos ménages prêts administrativement au relogement ayant pour but de limiter un refus en CAL au motif « dossier incomplet ». En 2024, c’est une mission réussie : d’après la Direction Régionale et Interdépartementale de l’Hébergement et du Logement d’Île-de-France (DRIHL), 6,9% des relogements sur le département ont concerné des ménages sortants de structure d’hébergement, un niveau inégalé en IDF hors Paris.  

La labellisation est avantageuse : elle est l’opportunité de rendre visible vos ménages. Elle contribue à fluidifier les sorties de vos structures et facilite l’accès à un logement social !    

POUR ALLER + LOIN

Retrouvez notre article « Un ménage prioritaire, qu’est-ce que c’est ? La labellisation, à quoi ça sert ? », en cliquant ici.

Ramener vers le droit commun puis vers l’emploi ou la formation les publics dits « invisibles », les plus éloignés de l’emploi : telle est la mission confiée par la DRIEETS à ESPERER 95 et six autres opérateurs dans le Val d’Oise, à l’issue de l’appel à manifestation d’intérêt O2R lancé en juillet dernier.

Mise en œuvre par ESPERER 95 depuis novembre 2024, cette nouvelle « offre de repérage et de remobilisation » pour les publics les plus éloignés de l’emploi dits « invisibles » est complémentaire de celle du réseau pour l’emploi (France travail, conseil départemental, missions locales et Cap emploi).

Les publics ciblés sont prioritairement : les personnes particulièrement éloignées de l’emploi ; les personnes sans domicile fixe, les personnes placés sous-main de justice ou anciens détenus ; les étrangers primo arrivants, bénéficiant de la protection temporaire ou demandeurs d’asile ; les jeunes de 16 à 25 ans.

Une équipe pluridisciplinaire pour proposer un accompagnement global

Pour atteindre cet objectif, ESPERER 95 déploie un dispositif « d’aller vers », rattaché au service Formation-Insertion de l’Association. Une équipe pluridisciplinaire est ainsi dédiée au repérage, puis à la remobilisation et à l’accompagnement global et personnalisé, de publics en situation de précarité (mis à l’abri par le 115 dans les hôtels du Val d’Oise (sans accompagnement) ou repéré au sein de différents dispositifs de veille sociale tels que les maraudes, accueils de jour, accueils de nuit, tiers-lieux alimentaires, cellule évaluation du SIAO…).

Cette équipe composée de trois conseillères et conseillers en insertion sociale et professionnelle (CIP), un travailleur social et une psychologue permet de proposer un accompagnement global, allant du diagnostic à la levée des freins administratifs, sociaux et psychologiques pour remobiliser vers l’emploi.

Les CIP sont ainsi en charge du traitement des fiches d’orientation, de la réalisation des diagnostics et de l’accompagnement vers l’emploi. Suite au repérage et à un premier entretien individuel, ils orientent, en fonction des besoins qui émergent, vers le travailleur social, la psychologue et/ou le droit commun. En parallèle, des entretiens individuels et des ateliers permettent de remobiliser les bénéficiaires en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs compétences.

D’une durée 6 à 9 mois par bénéficiaire, avec une moyenne de 12h par mois, cet accompagnement global permet ainsi de :

  • Effectuer un diagnostic de la situation du bénéficiaire en identifiant ses besoins et en élaborant des objectifs liés au projet professionnel,
  • Lever les freins sociaux à l’emploi (acquisition de compétences de base, savoir être, aide à la mobilité, garde d’enfants…),
  • Lever les freins professionnels à l’emploi (mise en situation professionnelle, travail avec les structures IAE).

La coordination de cette action est assurée par une coordinatrice de projet qui veille à la bonne articulation entre l’équipe O2R et les partenaires de l’action et assure les relations avec le Réseau pour l’Emploi, le pilotage et le reporting des actions mises en œuvre.

Un ancrage territorial au service de l’accompagnement

L’ancrage territorial, l’expérience et les ressources internes d’ESPERER 95 constituent d’importants leviers pour ce dispositif :

Concernant le repérage, O2R peut ainsi s’appuyer sur les dispositifs de l’association (Maraude, Equipe mobile campements illicites, DHUA, APASH…) ainsi que sur ses nombreux partenaires locaux (services de l’État, collectivités territoriales, bailleurs sociaux, associations…) pour repérer les publics.

Concernant la remobilisation, l’équipe O2R peut solliciter les services internes de l’association et utiliser les outils et dispositifs déjà efficients ou bien orienter vers les partenaires du territoire et ainsi proposer un accompagnement global et personnalisé (tant sur une dimension individuelle que collective) qui s’ajuste au plus près des besoins identifiés et ce, en veillant à s’inscrire en complémentarité des accompagnements déjà en cours.

Concernant la mise en activité/en emploi, l’expertise du Service Formation-Insertion dans ce domaine est précieuse et la possibilité pour les personnes accompagnées d’intégrer l’un des quatre chantiers d’insertion qui dépendent de ce service est une opportunité qui sécurise le parcours.  

« Avec ce dispositif, nous sommes dans le cœur de nos missions et en cohérence avec les valeurs et l’éthique de l’association », souligne Elise MORIENNE, directrice du Pôle Socio-judiciaire /Formation-Insertion rappelant l’objet d’ESPERER 95 : « combattre, sous toutes ses formes, l’exclusion sociale et les processus de marginalisation prioritairement dans le département du Val d’Oise ».

Contact : cipO2R@esperer-95.org

La Cour des comptes estime qu’il est « déterminant » d’améliorer l’accompagnement des jeunes majeurs pour prévenir des « situations dramatiques ». En effet, « près de la moitié des sans-abris de 18 à 25 ans » sont des anciens de l’ASE, souligne l’institution financière, dans son rapport public annuel publié mercredi 19 mars et consacré cette année aux politiques en faveur des 15-25 ans.

23 % des personnes hébergées par un service d’aide ou fréquentant un lieu de distribution de repas étaient, en 2012, d’anciens enfants accueillis par l’aide sociale à l’enfance, alors que ces « anciens de l’ASE » ne constituent que 2 % de la population générale.

« De nombreuses enquêtes ont mis en évidence les difficultés rencontrées après prise en charge et particulièrement les effets défavorables des « sorties sèches » de l’ASE (c’est-à-dire sans accompagnement) à la majorité, sans perspective d’insertion sociale et professionnelle », souligne la Cour des comptes qui pointe un accompagnement « disparate » de ces publics en fonction des départements.

Avec la mise en œuvre de contrats jeunes majeurs, « dans la plupart des départements, les services de l’ASE ont développé de longue date des dispositifs et des modalités de suivi, parfois innovantes, afin de limiter ces effets de rupture et leurs conséquences à long terme et pour mieux accompagner les sortants de l’ASE sur la voie de l’autonomie, avec un succès notable dans un certain nombre de cas. ».

Par ailleurs, des initiatives ont visé à renforcer les objectifs d’accès à l’autonomie des jeunes majeurs issus de l’ASE par les départements :

  • La stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté pour les années 2018 à 2022 a notamment cherché à lutter contre les « sorties sèches » sans solution
  • La loi du 7 février 2022 relative à la protection des enfants a défini un droit opposable à l’accompagnement dont peut se prévaloir tout jeune majeur de 18 à 21 ans issu de l’ASE.

« Des questions nouvelles ont alors émergé : les départements ont-ils adapté leurs pratiques et le soutien financier de l’État, prévu par la loi, est-il suffisant ? Le dispositif permet-il effectivement de mieux accompagner les jeunes majeurs vers l’autonomie ? Les jeunes concernés sont-ils informés de leur droit ?

Afin de répondre à ces questions, la Cour et sept chambres régionales des comptes ont conduit une enquête auprès de services de l’État et de quatorze départements (dont le Val d’Oise) reflétant la diversité des situations territoriales. Il en ressort que la prise en charge des jeunes majeurs s’est progressivement améliorée depuis plusieurs années (I).

Toutefois, la loi du 7 février 2022 n’a pas comblé les lacunes persistantes des dispositifs, et la diversité des modes d’accompagnement et des moyens engagés selon les territoires demeure importante (II). Le pilotage des dispositifs mis en œuvre est souvent insuffisant, ainsi que l’accès au droit commun pour les jeunes sortant de l’aide sociale à l’enfance (III) ».

En France, en 2023, près de 397 000 mineurs et jeunes majeurs en danger font l’objet d’une mesure de protection dans le cadre de l’aide sociale à l’enfance (ASE). 221 000 d’entre eux sont accueillis et hébergés, dont près de 31 900 jeunes majeurs.

Les anciens mineurs non accompagnés (MNA) : un public spécifique

La cour des comptes souligne notamment la situation particulière des anciens MNA.

Fin 2023 près de 16 700 anciens MNA bénéficiaient en France d’une prise en charge en tant que jeune majeur fin 2023. Ils représentent près de la moitié des jeunes majeurs pris en charge dans plusieurs départements et notamment, au sein de l’échantillon des départements contrôlés dans le cadre de l’enquête, ceux du Val d’Oise et des Bouches-du-Rhône.

« De nombreux départements ont aménagé les prises en charge afin de mieux les adapter aux problématiques de ces jeunes que les modes d’intervention habituels de l’ASE, tout en étant souvent moins coûteuse. Plusieurs départements retiennent ainsi, pour ces publics, des durées de contrats plus courtes que la moyenne.

Le « contrat » est souvent organisé autour de formations qualifiantes brèves, sur quelques mois, afin que ces jeunes acquièrent rapidement leur autonomie financière.

[…]

La loi du 7 février 2022 entendait par ailleurs inciter les services départementaux à anticiper la question de la régularité du séjour, une fois que les bénéficiaires ont atteint la majorité. L’article L. 222-5-1 du code de l’action sociale et des familles modifié par l’article 16 de la loi prévoit ainsi que l’entretien se tenant un an avant la majorité doit permettre d’informer les mineurs non accompagnés de la possibilité de bénéficier d’un accompagnement dans leurs démarches d’obtention d’une carte de séjour ou de dépôt d’une demande d’asile.

Depuis peu, les départements peuvent, en application de la loi « immigration » du 26 janvier 2024, exclure des dispositifs « jeunes majeurs » les anciens MNA pris en charge par l’ASE lorsqu’ils font l’objet d’une obligation de quitter le territoire français. Parmi les départements examinés dans le cadre de l’enquête, le Val-d’Oise, l’Essonne et la Seine-et-Marne affirment appliquer cette exclusion », souligne la Cour des Comptes.

Un accès au droit commun à renforcer

Des points noirs restent à relever sur le plan de l’accès au droit commun, notamment en matière de logement, constate la Cour des comptes. En effet, bien que la loi du 7 février 2022 ait ajouté les jeunes majeurs dans la liste des publics prioritaires pour l’accès au logement social, « les jeunes issus de l’aide sociale à l’enfance se heurtent à des obstacles multiples, d’ordre financier, mais aussi administratif. Certains bailleurs ne prennent pas en compte les spécificités liées à leur situation ».

« Pour répondre à ces difficultés d’accès, les départements ont recours à des solutions de logements semi-autonomes. Les foyers de jeunes travailleurs jouent un rôle central dans de nombreux départements, mais plusieurs limites sont identifiées, notamment le coût élevé de ce type d’hébergement. Des offres alternatives, comme l’intermédiation locative ou le bail glissant, se développent pour faciliter l’accès des jeunes majeurs à un logement. Une convention partenariale pour favoriser l’accès des jeunes au logement est en cours d’élaboration entre l’association Départements de France, l’Union sociale pour l’habitat, l’Association pour la formation professionnelle continue des organismes de logement social, l’Union nationale pour l’habitat des jeunes et l’Union nationale des comités locaux pour le logement autonome des jeunes ».

L’enjeu de l’insertion : des cloisonnements persistants dans certains territoires

La loi du 7 février 2022 dispose qu’un contrat d’engagement jeune (CEJ) « est systématiquement proposé » aux majeurs âgés de moins de 21 ans pris en charge au titre de l’ASE ds le cadre d’une mesure de placement. Depuis le 1er mars 2022, le CEJ, qui s’est substitué à la garantie jeunes, concerne les jeunes de 16 à 25 ans sans emploi ni formation (16 à 30 ans pour ceux d’entre eux qui sont en situation de handicap).

« La loi ne précise pas à qui incombe la responsabilité de l’information et de l’orientation du jeune (services départementaux de l’ASE, missions locales ou services sociaux). L’action menée en direction de ces jeunes repose ainsi sur la qualité des coordinations mises en œuvre localement. L’interprétation stricte des conditions d’entrée dans le CEJ, comme la démarche de contractualisation retenue entre le conseiller d’insertion et le jeune (qui s’accompagne de sanctions en cas de non-assiduité), constituent cependant autant d’obstacles à l’accompagnement des jeunes sortants de l’ASE ayant des difficultés éducatives, sociales et familiales importantes, ou étant durablement empêchés.

Face aux difficultés prévisibles d’accès des jeunes issus de l’ASE au contrat d’engagement jeune, plusieurs expérimentations sont en cours pour mieux prendre en compte les freins à l’insertion de ce public. La circulaire du 22 avril 2022 relative à la mise en œuvre du contrat d’engagement pour les jeunes en rupture prévoit ainsi un nouveau dispositif ayant une vocation de « sas » vers le CEJ.

Certains départements de l’échantillon considèrent que le CEJ est inadapté à l’insertion professionnelle des jeunes issus de l’ASE. Dans la plupart des cas, l’absence d’identification des jeunes suivis par l’ASE dans le système d’information et de partage de l’information ne permet pas d’établir un bilan de l’utilisation de ces outils pour le public ASE. D’une manière générale, la Cour recommande aux départements de renforcer leur coopération avec les missions locales afin d’éviter les ruptures de parcours pour les jeunes majeurs de l’ASE qui doivent poursuivre un parcours d’insertion socio-professionnelle. L’association Départements de France fait valoir sur ce point la signature, le 8 octobre 2024, d’une convention-cadre avec l’Union nationale des missions locales visant à renforcer leur partenariat.

Par ailleurs, la plupart des départements de l’échantillon ne mettent pas en œuvre de dispositifs spécifiques s’adressant plus particulièrement aux jeunes majeurs issus des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) et des zones rurales délaissées. »

En conclusion

Les magistrats recommandent notamment de « renforcer les coopérations avec les missions locales pour garantir l’accès des jeunes majeurs aux dispositifs d’insertion sociale et professionnelle » et préconisent de « définir des objectifs de prise en charge minimale ».

« Quelles que soient les difficultés budgétaires auxquelles notre pays est confronté, il reste indispensable de préparer son avenir, qui repose sur ses jeunes », défend la Cour des comptes formule dans son rapport annuel. Les politiques publiques en faveur des jeunes ne « sont pas seulement une réponse à des besoins immédiats », souligne l’autorité financière, elles « constituent aussi un investissement stratégique ».

Engagez-vous pour un accès digne à une alimentation saine ! Distribution de « paniers alimentation durable » aux familles hébergées par le 115 dans le Val d’Oise.

Espérer 95 porte un tiers-lieu alimentaire dédié aux familles les plus précaires, en errance ou hébergées à l’hôtel dans le Val-D’oise. Ce projet vise à garantir un accès durable et équitable à une alimentation de qualité, tout en favorisant le lien social et l’autonomie alimentaire des bénéficiaires.

Nous recherchons, pour ce tiers-lieu alimentaire, des personnes disponibles une demi-journée par semaine pour une action solidaire d’aide alimentaire. Il s’agit de distribuer des « paniers alimentation durable » dans les hôtels sociaux du Val d’Oise à destination des familles hébergées par le 115. Les distributions se font en binôme de bénévoles et partent du pavillon du Pélican à Pontoise (95).

> Missions des bénévoles :
🚚   Charger le véhicule de l’association avec les denrées alimentaires (un peu de manutention obligatoire)
🏩  Se rendre aux adresses des hôtels desservis (le permis est un plus mais pas obligatoire si l’autre binôme peut conduire)
📞   Appeler les bénéficiaires pour se donner rendez-vous à l’accueil de l’hôtel
😊  Servir les familles dans la bienveillance et la convivialité
🏕️   Rentrer au camp de base et ranger le matériel
➡️  Transmettre les informations à l’équipe salariée

> Pourquoi nous rejoindre ?
🥬 Faites la différence : Votre engagement permet d’améliorer l’accès à une alimentation saine et équilibrée pour tous.
🌳 Contribuez au développement durable : Les produits distribués sont issus de circuits courts, achetés auprès de producteurs locaux.
🗺️ Engagez vous pour votre territoire : ESPERER 95 est une association ancrée dans son territoire, le Val d’Oise.
💥 Ayez un veritable impact : Votre aide est essentielle ! Sans bénévoles, l’association ne peut mener à bien cette mission.
🤝 Rejoignez une communauté : ESPERER 95 c’est 13 000 personnes accompagnées, 300 salariés et des dizaines de bénévoles.

N’hésitez pas à nous contacter pour discuter des différentes façons dont vous pouvez vous impliquer. Chaque geste compte !

🖐 Vous n’êtes pas disponible toutes les semaines? Pas d’inquiétude, nous pouvons adapter les jours de présence en fonction de vos contraintes. Contactez nous pour en parler.

Si vous avez l’envie et le temps d’aider et de partager, n’hésitez-pas à contacter Kévin Le Fur à kevin.lefur@esperer-95.org ou au 06 76 41 89 41

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