UNE FRESQUE QUI RELIE : À L’ACCUEIL DE JOUR DE CERGY, CRÉER POUR (SE) RACONTER

UNE FRESQUE QUI RELIE : À L’ACCUEIL DE JOUR DE CERGY, CRÉER POUR (SE) RACONTER

Dans notre Accueil de jour de Cergy, un mur s’est transformé en espace d’expression collective. Pendant deux journées d’atelier, les personnes accueillies ont imaginé et peint une fresque née de leurs mots, de leurs symboles et de leurs couleurs aux côtés de l’artiste graffeur Morne,

Imaginé par Jeanne, stagiaire à l’Accueil de jour, le projet a pu prendre vie grâce à l’engagement de David Benhamou, fondateur de Maquis-art.com, entreprise du Val d’Oise spécialiste du graffiti et du street-art contemporain depuis 1997,  qui a généreusement offert l’œuvre réalisée. Soutenus par l’ensemble de l’équipe, ils ont permis à chacun de vivre une expérience artistique accessible, créative et fédératrice.

C’est Maquis-Art qui a identifié l’artiste Morne, très sensible à la cause, pour animer et conduire ces deux journées de création avec les participants. Grâce à ce partenariat précieux et à un investissement humain remarquable, les citoyens ont pu vivre une expérience rare, authentique et profondément valorisante.

Au-delà de l’œuvre, c’est une rencontre : des histoires qui se croisent, des regards qui se posent autrement, une fierté partagée.

QUAND L’ART OUVRE UN ESPACE D’ÉCOUTE ET DE FIERTÉ

  • Jour 1 – Brainstorming & esquisses : Autour de feuilles, de feutres, de mots simples et de souvenirs, chacun a partagé sa représentation de l’Accueil de jour.
  • Jour 2 – Mise en peinture collective : Avec l’aide de Morne, qui a posé les bases du visuel, les participants ont pris la main, osé manipuler les bombes, affiné les détails, et vu l’œuvre émerger peu à peu. Dans le va-et-vient des couleurs, entre hésitations, rires et encouragements, chacun a trouvé sa place.
    Pour beaucoup, c’était une première : toucher un mur pour y laisser sa trace.

« Je voulais qu’ils se sentent acteurs. Qu’ils se disent : cette fresque, elle est à nous. »
Morne, graffeur

DES BÉNÉFICES QUI DÉPASSENT L’ARTISTIQUE

« J’ai vraiment aimé organiser cet atelier, même si ça a été difficile émotionnellement. Je n’ai presque pas dormi de la nuit entre les deux journées, en repensant aux personnes rencontrées. »Morne, graffeur

Naomi :
« J’ai trouvé l’atelier très enrichissant et j’ai trouvé que l’artiste était très pédagogue. Le résultat est magnifique »
Lola*, accueillie à l’accueil de jour

«  Je pense que c’est très bien de faire découvrir à tout le monde cet art. J’ai aimé participer, je connais un peu l’aérosol. J’ai pu m’entretenir avec l’artiste et cela m’a donné envie de refaire des tableaux. »
José, accueilli à l’accueil de jour

« C’est très beau, c’est bien, ça donne une bonne image et c’est beau à regarder. J’ai bien aimé dessiner avec des personnes que je ne connaissais pas. J’ai bien aimé l’artiste, il explique bien pour dessiner facilement. »

Mamadou, accueilli à l’accueil de jour

ENTRETIEN AVEC MORNE — “CE PROJET A REVEILLE QUELQUE CHOSE D’ESSENTIEL”

Quand on demande à Morne pourquoi il a accepté d’animer un atelier artistique auprès des personnes accueillies à l’Accueil de jour de Cergy, il n’hésite pas une seconde.

«Jai dit oui tout de suite. Le social, ça fait partie de mon histoire. Avant d’être artiste, j’ai travaillé dans plusieurs professions d’encadrement ; animateur et directeur de centre, éducateur spécialisé pour personne handicapée, assistant d’éducation en lycée…  Je connais très bien l’exclusion sociale.»

Il marque une pause, puis ajoute, sans détour :
«Moi-même, jai failli deux fois me retrouver à la rue Et jai été élevé par un père de « remplacement » qui était SDF. Alors ces réalités-là, je les porte encore en moi. Quand on ma proposé ce projet, c’était une évidence.»

Une intervention qui le touche plus qu’il ne l’aurait imaginé.
Les deux journées d’atelier ont été intenses. Plus fortes que prévu.

«Jai vraiment aimé organiser cet atelier, mais ça a été difficile émotionnellement. Voir notamment des jeunes filles de moins de 25 ans en situation de rue… ça m’a bousculé. J’ai peu dormi entre les deux journées d’atelier. Je repensais à toutes les personnes avec qui j’avais passé l’après-midi. Ça m’a profondément touché.»

Pourtant, au milieu de cette dureté, il y a eu des moments de partage pur.
Un échange, un regard, un geste, une création.

Une fresque construite avec eux, à partir d’eux
Lors du brainstorming, chacun a laissé une trace, un dessin, un symbole.

Morne, lui, a tout absorbé.
«Jai vraiment voulu reprendre un maximum d’éléments des créations réalisées par les citoyen.ne. C’était important que les participants se reconnaissent dans la fresque.»

Au centre de l’œuvre, deux mains entourant un cœur.

Le dessin de Sara*, une jeune fille de 23 ans accompagnée par l’Accueil de Jour.
«Quand elle a vu que je lavais placé au milieu de la fresque, elle a pleuré. C’était fort. J’ai senti que ça lui faisait du bien, que ça lui donnait une place.»

Ce moment restera gravé.
Pour elle.
Pour lui aussi.

Un atelier, et plus encore
À travers cette action, Morne n’a pas seulement transmis une technique artistique. Il a offert un espace. Une écoute. Une reconnaissance. Et en retour, il a reçu des histoires, de la confiance, des émotions à vif.

UNE PREMIERE PIERRE EN ECHO A L’ADN STREET ART DE CERGY

À Cergy, le street art occupe une place singulière : au fil des années, la ville est devenue un véritable musée à ciel ouvert, portée notamment par le collectif local Art Osons, partenaire également d’ESPERER 95, dont les fresques monumentales jalonnent le Grand Centre et plusieurs quartiers emblématiques. Des initiatives d’envergure comme le projet CAPS Attack, rassemblant artistes français et internationaux, contribuent à transformer la ville et à offrir aux habitants un décor vivant, créatif et accessible à tous. Grâce à cette dynamique, Cergy-Pontoise s’impose aujourd’hui comme l’un des territoires majeurs du street art en Île-de-France.

Dans ce contexte, cette fresque réalisée à l’Accueil de jour de Cergy constitue bien plus qu’un simple atelier artistique : elle marque une première pierre que nous souhaitons porter plus loin. Notre ambition est de dupliquer cette initiative au sein d’autres dispositifs du département pour faire émerger, à terme, une véritable signature artistique “ESPERER 95”, fidèle à l’esprit du street art cergyssois.

Un fil rouge qui associe création, expression collective et lien social — et que nous espérons voir grandir à travers de nouveaux projets au sein de nos 60 dispositifs sur le département.

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