Archives par mot-clé : Justice

Conférence « Le Placement à l’Extérieur »

« Placement à l’extérieur – Fin d’épreuve :
Comment sortir de l’impasse ? »

Vendredi 24 Novembre 2017 – de 9h00 à 17h30
La Maison de l’Avocat, 
6 Rue Taillepied – 95300 Pontoise
 
La Fédération Citoyens & Justice organise, avec Espérer 95 et le barreau des Avocats du Val d’Oise, une journée sur le placement à l’extérieur intitulée :

Dans la poursuite de ses  travaux la fédération Citoyens & Justice organise avec ESPERER 95 et le Barreau des avocats du Val d’Oise une journée d’étude intitulée « Le placement à l’extérieur – Fin d’épreuve : comment sortir de l’impasse ? »

 
Cette journée alternera temps d’échanges, restitution d’une démarche d’évaluation consolidée et reconstitution d’un débat contradictoire et d’un débat sur incident dans le cadre d’une mesure de placement à l’extérieur. Ces différentes interventions illustreront  la mise en œuvre concrète de cette mesure qui doit souvent faire face à des multiples freins qui s’opposent à son développement.
 
Participez à cet évènement  qui se  déroulera à la Maison de l’Avocat à Pontoise, le 24 novembre 2017. Un buffet vous est proposé le midi au tarif de 22€ (inscription au préalable obligatoire).
Le 15 décembre 2016, Citoyens et Justice présentait pour la première fois en France une évaluation de l’impact de la mesure de placement à l’extérieur sur le parcours des personnes condamnées.

 

Un buffet vous est proposé le midi au tarif de 22€ (inscription au préalable obligatoire).
 
 
 Le programme de la journée
  
Le 15 décembre 2016, Citoyens et Justice présentait pour la première fois en France une évaluation de l’impact de la mesure de placement à l’extérieur sur le parcours des personnes condamnées.

Dossier Spécial sur la journée du 15 Décembre 2016

 

Soirée débat au cinéma Utopia

Co-organisée avec la juridiction et le Conseil de l’Ordre des avocats du Val d’Oise, cette soirée de débat à l’Utopia de Saint-Ouenl’Aumône a été le deuxième volet d’un cycle débuté en octobre avec le documentaire 10e chambre, instants d’instance de Raymond Depardon. Accompagnés d’un public toujours plus nombreux, les intervenants ont pu débattre sur l’état actuel de la situation carcérale.

Intervenants : Gérard Sebaoun (Député) – Yves Feuillerat (Directeur de maison d’arrêt) – Boujemaa Arsafi (DFSPIP 95) – Myriam de Crouy Chanel (Vice-Présidente du Service de l’Application des peines du TGI de Beauvais – Marie Alix Mauduit (Président de l’accueil des Familles des Détenus) – Odile Desquiret (Directrice du pôle Socio-Judiciaire à ESPERER 95) – Stéphanie Lasalle (Conseillère technique à la Fédération Citoyen et Justice)

Comment parler de prison sans prisonnier ? Demandez à Rachida Brakni. Si l’idée peut sembler saugrenue pour un Blockbuster Hollywoodien, on peut comprendre l’angle de l’actrice/réalisatrice tant la prison touche un cercle élargi de personnes. Car un jugement, c’est avant tout un condamné, mais aussi des familles innocentes qui doivent subir la singularité de cette situation.

Avec ce film, on découvre un périple émouvant d’une dizaine de femmes, parcourant les différentes salles d’une maison d’arrêt pour aller voir leur proche.

A travers ces personnages, plusieurs problèmes sont évoqués comme celui de la surpopulation carcérale, du délabrement ou de la récidive. Comme celui de Houria, une femme d’une cinquantaine d’années fréquentant la maison d’arrêt depuis 30 ans, d’abord pour son mari, puis pour son fils. Car il faut le savoir, 5 arrivants sur 10 sont des récidivistes, avec leurs petites habitudes et leurs amis. Une fois en prison, un détenu coûte en moyenne 100 euros par jour contre 50 pour un aménagement de peine.

En Suède, où le taux de détentions est l’un des plus bas d’Europe (44 pour 100 000 habitants, plus du double en France), tout est fait pour accompagner le détenu du point d’entré au point de sortie. Dans certains cas, on s’y prend même avant d’y entrer et on retrouve parmi ceux-là un taux de réinsertion (70%) battant tous les records. Cela est notamment à un effort particulier mis sur l’administration pénitentiaire. Si, en France, chaque conseiller d’insertion et de probation accompagne autour de 130 personnes, selon les syndicats, en Suède, c’est plutôt de 30 à 35. Les efforts financiers faits par le Royaume sont conséquents. Plus de 3% du budget national est alloué à la justice, contre 1,9% en France. Le budget de la justice par habitant est de 472 euros, contre 23 en France.

Qu’est ce qui empêche donc d’avancer ? La peur de l’échec. Si un détenu relâché plus tôt que prévu récidive, la justice est montrée du doigt. Cette justice que 85% de l’opinion publique juge trop laxiste. Cette justice abandonnée par les hautes instances. C’est le député Gérard Sebaoun qui témoigne : « Même pour des oreilles avisées, si vous saviez les horreurs que l’on peut entendre à l’Assemblé Nationale. » avoue-t-il lors de notre soirée débat. Sans rien dévoiler, il dit tout. Le mépris des élus qui s’inquiètent de l’incarcération, mais pas de la sortie. L’opinion publique qui bloque toutes tentation de changement. Au final, des tentatives d’humanisation de la prison telles qu’accorder des temps de téléphone avec les familles, (que les détenus ont déjà, mais illégalement), restent régionales. Et malheureusement, cette opinion publique qui entrave le mouvement se trouve être très mal informée. Car la France est l’un des pays les plus sévères d’Europe. La peine moyenne prononcée par les tribunaux augmente. En 2012 c’était 6,9 mois, en 2015 c’est 8,4 mois. Et sur la même période, le nombre de condamnations à de la prison ferme a augmenté, passant de 122.301 à 124.702.

Mais l’Opinion publique est partout pareille, et même dans le royaume suédois, la majorité pense que la justice est trop laxiste. C’est pourquoi le criminologue Henry Tham s’est penché sur la question avec une étude. Celle-ci montre que lorsque l’on demande à un citoyen de se mettre à la place d’un juge afin de prononcer une condamnation, après avoir écouté les tenants et aboutissants d’un procès, les peines étaient moins sévères que celles des juges, et beaucoup critiquaient la fermeté du juge.

Cette soirée de débat a été un moyen d’établir une discussion sur ces sujets avec des professionnels de tous les milieux, qui ont su chacun amener leur expertise. C’est pourquoi, plutôt que de raconter comment la soirée s’est agréablement passée, nous avons préféré mettre en avant les problèmes soulignés lors de cette soirée. Très prochainement, des vidéos de ce débat seront publiées afin de continuer d’approfondir le sujet. La prochaine soirée sera le 20 avril sur le thème des violences intra-murales.